Archive pour treuil à manège

Carrières & Champignons

Posted in Bibliographie with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 30 octobre 2009 by Carrieres Patrimoine

LA CULTURE DU CHAMPIGNON DE COUCHE

Depuis bientôt 2 siècles, les anciennes carrières souterraines de pierre à bâtir ont connu maintes péripéties : comblées, foudroyées ou dépilées pour récupérer la pierre des piliers, certaines d’entre elles ont été utilisées pendant ou après la phase d’extraction pour produire des champignons.

La vie des anciennes carrières a ainsi été prolongée par cette utilisation économique, bien avant que les défenseurs du patrimoine souterrain ne mettent en valeur leur intérêt culturel et historique.

La culture du champignon ne date que du milieu du XIXè siècle. Elle n’occupe les carrières qu’après l’abandon de leur exploitation en raison de la stabilité de leur température intérieure voisine de onze degrés, propice au développement du champignon. Champignonnistes et carriers cohabitent parfois, les premiers utilisant la partie de la carrière où l’extraction est achevée.

 HISTOIRE

Au tout début de notre ère, l’Empereur romain Claude Ier, né à Lyon, est tellement gourmand de champignons qu’il en mange jusqu’à l’indigestion, ce qui permet à sa seconde épouse Agrippine de substituer un plat de champignons vénéneux à son mets favori et de l’empoisonner…

En 1707 le botaniste Joseph de Tournefort déclare qu’il connaît un procédé pour cueillir des champignons en toutes saisons sur des couches préparées à l’avance ; puis c’est la culture sous châssis qui est préconisée.

C’est à la fin du Premier Empire qu’on s’aperçoit que les anciennes carrières semblent convenir à la culture des champignons. On raconte ainsi qu’un officier de l’Empereur réfugié dans des carrières abandonnées où avait été déversée une grande quantité de fumier de cheval, aurait ainsi découvert une providentielle récolte de champignons lui permettant de subsister.

Une chose est sûre, c’est vers le milieu du XIXè siècle l’horticulteur Chambry a l’idée d’utiliser à cette fin les vides des carrières abandonnées des environs de la capitale. L’affaire prend une rapide extension parmi les maraîchers , les anciens carriers et aussi certains capitalistes espérant trouver là un bon placement d’argent, à telle enseigne que dès 1891 un Syndicat des Producteurs de Champignons se constitue !

En 1893, uniquement dans le département de la Seine, on dénombre 236 champignonnières !

Une champignonnière est habituellement divisée en plusieurs « caves » isolées les unes des autres. Cela permet de limiter la propagation des maladies du champignon et de faciliter le contrôle de la température de la pièce en réduisant son volume. Dans les exploitations modernes, le chauffage au gaz ou au fioul est utilisé et la circulation de l’air est assurée par de nombreux ventilateurs.

Manuel du champignonniste
La scène représentée sur la couverture de ce livre de 1904  pourrait s’être déroulée aussi bien sous Paris que dans le Valois.

TECHNIQUE

A l’origine, la culture des champignons se faisait sur des plates bandes ou de longues meules disposées en bandes parallèles. Malheureusement, les agents bactériens pathogènes pouvaient rapidement se propager de meule en meule, détruisant toute la production et nécessitant un assainissement complet de la cave.Après la seconde guerre mondiale, les meules ont été remplacées par des sacs, permettant d’éviter une contamination générale tout en facilitant aussi la préparation qui pouvait alors se faire en dehors des caves.

L'arrosage des meulesL’arrosage des meules

Par la suite, l’utilisation de bacs métalliques superposés de 250 kilos chacun, maniés avec des engins de levage, a permis de développer la production.

La technique traditionnelle de culture du champignon consistait autrefois à ensemencer les meules avec le mycélium, opération appelée lardage, avant de les recouvrir de terre et de les arroser, opération appelée gobetage. Cela se faisait à l’aide d’une pelle en bois : la pelle à gobeter.

Le GobetageLe gobetage

Aujourd’hui, nul besoin de briser les bouteilles qui contenait le mycélium pour procéder au lardage :des grains de seigle stérilisés servent de support au mycélium et sont disséminés dans les bacs de compost bacs à raison de 1 à 2% par rapport au volume total du compost.

Le compost est un mélange de fumier de cheval, de paille et de fiente de poule. Ce mélange fermente 13 jours et passe dans une chambre de pasteurisation où l’augmentation de la température à 58 degrés pendant 8 heures va éliminer les parasites autres champignons pathogènes. On va conserver au compost une température de 49 degrés pendant encore 5 jours. L’azote contenu dans le fumier et la fiente de poule se transforme en protéines qui nourriront le mycélium.

Lorsque la température est redescendue à 22 degrés, on peut ensemencer.

Le champignon de Paris cultivé aujourd’hui est issu d’un croisement entre une souche française et une souche californienne, donnant un produit plus blanc, à la croissance plus rapide.

On recouvre ensuite le compost de poudre de pierre.

Cette opération, le gobetage, est nécessaire pour neutraliser l’acidité du compost et constituer une réserve d’eau à la surface du bac de culture.

Il faut 2 semaines au mycélium pour s’accrocher sur le compost : durant la première semaine la température du compost est d’environ 30 degrés, contre 21 à 22 degrés pendant la seconde semaine. Si jamais la température du compost dépasse les 35 degrés, le mycélium meurt. La période de l’incubation nécessite donc un contrôle attentif et quotidien de la température des caves commet des bacs, sous peine de perdre une précieuse récolte. Il faut encore 2 autres semaines pour que le mycélium se soit suffisamment développé et que les champignons soient sortis.

La cueillette des « volées » de champignons va durer pendant  toute la fructification soit 5 semaines, chaque bac produisant environ 50 kilos de champignons.

A l’issue de la cueillette, les bacs sortiront de la cave. Le compost sera recyclé et les bacs propres seront de nouveau remplis. Pendant ce temps là, la cave sera soigneusement désinfectée à l’aide de produits phénolés tandis que cela se faisait autrefois avec un lait de chaux dont on badigeonnait le sol et les parois.

A l’heure actuelle, les producteurs français doivent faire face à la concurrence étrangère qui bénéficie de faibles coûts de main d’oeuvre et de transport, et certaines exploitations se font désormais dans des hangars climatisés.

La CueilletteLe panier sous le bras et la lampe acétylène en bout de main, le champignonniste procède à la cueillette.

Lampe acétylène de champignonniste
Lampe de champignonniste

Cette lampe peut être tenue dans l’axe du bras qui tient le panier du cueilleur, laissant l’autre main libre pour la cueillette. Grâce à son manche en bois le champignonniste peut aussi la fixer au mur, dans l’un des nombreux trous réalisés par les carriers pour les besoins de l’extraction.

 

Nous évoquerons la culture du champignon de Paris dans les carrières d’Eméville dans un prochain article avec témoignages, anecdotes et photographies.

BIBLIOGRAPHIE

  • Manuel du champignonniste professionnel et amateur.
    A. Cauchois, 5è édition, 1904.
  • Le champignon, sa culture en plein air, dans les caves et dans les carrières.
    Laizier, champignonniste, Auguste Goin éditeur, 1902.
  • Méthode pratique pour la culture des champignons avec profit.
    Conserves Champignol.
  • Le champignon cultivé
    Raphaël DE NOTER.
  • Champignons de couche.
    J. Lachaume & G. Bellair, Librairie de l’Académie d’Agriculture, 1932

Documents et article : François CHAUT
Remerciements : Jean-Louis SPINELLI

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Sortie Champagne et Paléontologie : La Cave aux Coquillages

Posted in Sorties et visites with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 23 octobre 2009 by Carrieres Patrimoine

Nous nous sommes rendus dans la région de REIMS pour visiter un site original et exceptionnel pour ses fossiles parfaitement conservés.
Voici quelques photos de cette visite guidée par un maître des lieux passionné et passionnant, Patrice LEGRAND, et qui s’est achevée avec une dégustation du champagne maison, bien agréable !

cavecoquillages
le site internet de la Cave aux Coquillages

Extrait du site :
« Le falun coquillier présent dans la région de Damery, qui peut atteindre jusqu’à 8 à 10 mètres d’épaisseur, témoigne de la présence de la mer en Champagne il y a 45 millions d’années d’ici. La conservation des coquillages et la présence d’un gastéropode géant, « Campanile giganteum » font de Damery un site célèbre dans le monde de la paléontologie. Cette richesse du patrimoine naturel fait l’objet d’un aménagement à Fleury-la-Rivière dans le cadre d’un circuit d’interprétation géologique: « La Cave aux Coquillages ». »

NOTRE VISITE EN PHOTOS


Campanile giganteum


Le plan des lieux.

Pas moyen de se perdre durant la visite, c’est un circuit. Sur la gauche, on aperçoit les anciennes caves, sur la droite les galeries récentes où se font les fouilles et les expositions.


Galerie de circulation

Les anciennes caves ont été agrandies et reliées entre elles par de belles galeries creusées dans la masse


Niche d’exposition

Dans les galeries, des niches ont été creusées et aménagées comme espace d’exposition. Les fossiles sont mis en valeur sur des ardoises posées à même la roche. Des spots lumineux ont été installés de même qu’un filet protégeant les objets exposés. Une scénographie originale et efficace !


L’éclairage permet d’apprécier les perspectives souterraines


Campanile Giganteum dégagé de sa gangue de sable.

Ce sont bien les coquilles, remarquablement conservées depuis 45 millions d’années, qui sont visibles ici, et non les moules internes de ces coquillages comme on en voit souvent dans les carrières souterraines de l’Oise et de l’Aisne.


Les fouilles sont en cours

Les fossiles reposent tels qu’il y a 45 millions d’années, témoignant de la richesse de ce site exceptionnel par l’état de conservation des fossiles, leur diversité et leur abondance.

Photos Francois CHAUT

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Travail de fond, suite

Posted in Chantier, La Carrière Sarazin with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 8 octobre 2009 by Carrieres Patrimoine

Souvenez-vous, on vous avait montré cette vidéo d’Eric en train de creuser comme un bienheureux ! C’est dans ces moments là qu’on apprécie de travailler dans la pierre tendre, dans un banc de calcaire sain.

Notre objectif : mettre en place des paliers dans le puits de service pour faire descendre et remonter le public sans avoir à faire toutes les manipulations habituelles sur cordes, qui prennent beaucoup de temps.
Il s’agit donc d’une étape capitale dans le projet d’ouverture aux visites du public.

Premier temps : creuser des trous dans lesquels nous pourrons encastrer les supports de nos paliers. Nous avons commencé par travailler avec un perforateur sur accus et ensuite à la pointerolle et à la massette.
Comme nous étions exigeants quant à la longueur des trous, ce n’était pas suffisant et nous avons donc réemployé un outil des carriers : le bougon.
Cette fois-ci, au lieu d’être emboîté au bout d’une lance, nous l’avons emmanché sur un tube de la longueur voulue. Après quelques essais de maniement, nous arrivons à trouver les gestes qui nous donnent le meilleur rendement.

Le travail est long et pénible. A moitié suspendus sur la corde et prenant appui sur l’échelle, nous creusons laborieusement ! Heureusement c’est un travail d’équipe et nous nous relayons régulièrement jusqu’à obtention du résultat souhaité : des trous de 15x15cm profonds de 80cm !

Après avoir creusé les trous dans lesquels vont venir nos poutrelles métalliques soutenant les paliers, nous hissons chaque élément dans le puits de service à l’aide d’un palan sur corde.


En pleine manoeuvre !


Port du casque obligatoire pour les travaux acrobatiques.


Pas de difficulté pour la mise en place.


Premier montage « à blanc » pour vérifier l’équerrage de l’ensemble.


D’après le niveau à bulle, l’assiette est correcte !
Eric a bien le compas dans l’oeil !


Le satisfaction du travail bien fait !


Une photo souvenir avant de tout démonter et de remonter chaque pièce en surface, direction l’atelier pour un plongeon dans le bain de galvanisation. C’est la meilleure solution que nous ayons pour éviter que l’humidité (assez forte dans la carrière) dégrade les poutrelles.

Au retour de la galvanisation, on recommence l’opération, on a l’habitude maintenant !

Il va falloir descendre tout ça par le puits de service.


Du sable, de la chaux, des gants pour se protéger, des seaux et de l’eau.

Petit rappel : nous utilisons uniquement de la chaux (hydraulique ou non) comme mortier, mélangée dans diverses proportions avec le sable, pour réaliser tous nos scellements et nos travaux de maçonnerie. Le ciment et le calcaire ne font pas bon ménage, leur association est source de dégradation de la pierre à cause de l’acidité qui va ronger le calcaire.


Les éléments du palier, galvanisés comme il faut.


Avec Eric au montage, pas de risque que ca se dévisse !


Ca commence à ressembler à quelque chose


Je connais ce regard, OK, j’ai compris, j’arrête les photos et je viens aider un peu …


La préparation du mortier. « Il a dit quoi, 3 pour 1 ou bien 4 pour un ???? »


Un aperçu du scellement : ça pourrait être du ciment blanc mais c’est bel et bien de la chaux ! La couleur se confond même avec le calcaire !


Le palier du bas vu depuis la carrière


Quelques mètres plus haut, la surface et la lumière du jour

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Carrières d’hier et paysages d’aujourd’hui

Posted in Bibliographie, Evénements et médias with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 7 octobre 2009 by Carrieres Patrimoine

Nous sommes en train de finaliser ce projet ayant pour thême la mémoire collective et les carrières : au fil des années, les carrières abandonnées sont dépilées ou remblayées, les paysages sont modifiés par la nature ou pour les besoins de l’urbanisation !

La mémoire collective manque alors de repères visuels pour se souvenir des anciennes carrières qui finissent par être totalement oubliées.

Notre base de données, essentiellement fondée sur des cartes postales anciennes vous permettra de voyager dans le temps, pour découvrir des sites méconnus ou disparus.

laigneville

CILAC et Patrimoine Industriel à Eméville

Posted in Evénements et médias, La Carrière Sarazin, Restauration du Treuil with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 4 octobre 2009 by Carrieres Patrimoine


Le Treuil d’Eméville à la Carrière Sarazin

Lorsque nous avons créé notre association à Eméville pour nous occuper de la Carrière Sarazin, nous avons introduit dans le vocabulaire de la commune une expression jusque là peu utilisée : il s’agissait du Patrimoine Industriel.

Pourtant certains esprits chagrins nous défendaient même le droit de parler du Patrimoine Industriel des carrières puisque selon elles : « il n’y a jamais eu d’activité industrielle de la pierre à Eméville, contrairement à Bonneuil et à sa fameuse montagne pierreuse« .

Alors : jalousie ou ignorance ?

Car les faits sont là :

  1. 3 carrières de pierre tendre exploitées sur plusieurs décennies,
  2. un chemin de fer à voie étroite installé spécialement pour desservir les carrières CIVET POMMIER & CIE (Carrières des Trois Fontaines, de la Bouloye et du Chemin de Vez)
  3. un locotracteur PETOLAT pour tirer les wagonnets circulant sur cette voie
  4. un « decauville » posé dans la carrière Sarazin pour le bardage des blocs dans les galeries souterraines
  5. un treuil à moteur pour remonter les blocs depuis le fond de la Carrière Sarazin (treuil MOREAU associé à un moteur BERNARD)
  6. un camion automobile NASH QUAD (remplacé ensuite par un camion PURREY) pour transporter les blocs de la Carrière Sarazin jusqu’à la gare d’Eméville
  7. un important dépôt de pierres à la gare d’Eméville, où les blocs attendaient de partir sur le « chemin de fer de petite vitesse ».

On le constate bien, on est loin des exploitations artisanales et familiales, aussi bien organisées fussent-elles ! Les carriers-exploitants disparaissent pour laisser place à des entrepreneurs et à des sociétés établis à Paris qui ont pour nom CIVET POMMIER & CIE, DIOR , Société des carrières de l’Oise, etc.

La Carrière Sarazin, fleuron des carrières d’Eméville, a tout d’abord été exploitée par Georges Sarazin dans le cadre d’une société en commandite simple avant d’être reprise par lui pour son propre compte.

Pas besoin d’avoir une usine, une briqueterie, une filature ou un haut-fourneau à Eméville pour parler de Patrimoine Industriel. Les carrières de la commune, en particulier la Carrière Sarazin, témoignent par leur mode d’exploitation d’une industrialisation de l’activité extractive.

Voilà pourquoi nous vous parlons aujourd’hui du CILAC, le Comité d’information et de liaison pour l’archéologie, l’étude et la mise en valeur du patrimoine industriel.

Le CILAC est une association sans but lucratif, fondée en 1979. Première structure française à affirmer que l’industrie entrait dans le champ du patrimoine et méritait une attention particulièrement soutenue, sa mission est de promouvoir, dans notre pays, la protection du patrimoine de l’industrie.

Nous vous invitons à visiter le site du CILAC pour apprécier l’ampleur et la diversité de ses activités.


Cliquez sur l’image pour découvrir le site du CILAC

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