Archive pour tailleur de pierre

Restauration d’un wagonnet Decauville

Posted in Chantier, La Carrière Sarazin with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 7 décembre 2009 by Carrieres Patrimoine

Nous allons entreprendre la restauration d’un symbole du patrimoine industriel : il s’agit d’un wagonnet à benne basculante récemment donné à l’association Carrières Patrimoine.

Nous remercions chaleureusement Monsieur NOEL,
de l’école de Vaumoise, pour ce don.

Et voici le wagonnet en question ! Les couleurs peuvent choquer mais la peinture a permis de limiter les méfaits de la rouille.

La robustesse du matériel Decauville a permis de multiples utilisations :

  • transport de betteraves pour les sucreries,
  • transport de cran et de moellons dans les carrières de pierre à bâtir,
  • transport de sable dans les carrières de sable (retrouver la carte postale correspondante),
  • transport de la terre dans les carrières à ciel ouvert.

D’autres modèles ont servi dans les carrières de pierre (un lorry transportait les blocs dans la Carrière Sarazin) ou dans les caves de Champagne. La voie étroite a par ailleur été fort utilisée lors de la première guerre mondiale afin de ravitailler la ligne de front en équipements, provisions et munitions.

Ce type de wagonnet a servi dans les carrières d’Eméville, comme on peut le voir sur cette photo. La benne est visible sur la droite, entre deux carriers. Il semble même que l’un des carriers soit monté dans la benne pour les besoins de la photos.

Carriers à Eméville, début XXè siècle

A une époque où il n’était pas encore question de recyclage ou de développement durable, le wagonnet entièrement démontable était pourtant conçu pour durer : ses pièces sont facilement remplaçables et interchangeables, que ce soit le chassis, les essieux, les crochets, les tampons ou les boîtes à huile. Les paliers en bronze lui assurent une longévité exceptionnelle.

Notre wagonnet est un wagonnet Decauville Type 24, dit à caisse équilibrée. Même fortement chargée, la benne peut être facilement basculée à droite ou à gauche de la voie. En 1897, le wagonnet pour une voie de 0,50M était vendu 127,50 francs. La benne seule

Les roues, R18 sont en fonte trempée et mesurent 0,30m. La benne est en tôle cintrée renforcée avec des fers plats rivetés. D’une contenance de 400 litres, elle mesure 1,100m de long pour 1.055m de large. Elle comporte plus de 150 rivets d’assemblage.

Détail des rivets de la benne

La boîte à huile porte le nom du fabricant : Decauville Aine, Petit Bourg. Elle est garnie d’un tampon en fibre de bois qui retient l’huile. Un petit clapet (visible sur la droite de la boîte photographiée) permet d’introduite l’huile dans la boîte.

La boîte à huile

On distingue nettement l’arcade en cornière qui supporte la benne, elle même retenue par la cornière de basculement.

La benne est munie de tampons (les demi ronds en acier à chaque bout du chassis) dits « secs » , c’est-à-dire sans ressort, derrière lesquels sont fixés les crochets d’attelage.


Fixation du tampon sur le chassis


Le crochet, protégé par le tampon

Rivet d’assemblage du chassis

Cette benne possède encore la plaque du constructeur, chose rare et convoitée par les collectionneurs

Ce matériel quasi indestructible ne craint qu’une seule chose : les outrages du temps consécutifs à son abandon. Par chance ce wagonnet est complet et sa remise en état ne nécessitera pas trop de travail.

Les Emévillois pourront donc bientôt découvrir cet élément du patrimoine industriel qui a aussi joué un rôle dans l’histoire des carrières du village.

Merci à Eric et Laurent pour le rapatriement de cette pièce de musée qui n’est pas un poids plume !!!

Une coquille dans la pierre de la Bouloye

Posted in Bibliographie, La Carrière Sarazin with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 29 novembre 2009 by Carrieres Patrimoine

Le Bureau de Recherches Géologiques et Minières (B.R.G.M.) a mis en ligne une base de données nationale des pierres et carrières des monuments historiques (voir le lien ci-dessous) qui a tout naturellement retenu notre attention.

La pierre de la Bouloye exploitée à Bonneuil-en-Valois, Eméville et Haramont y est référencée mais une coquille (quoi de plus naturel pour une roche sédimentaire nous direz-vous) s’est glissée dans les informations présentées au public.

Cette coquille trouve son origine dans l’ouvrage intitulé « Essai de Nomenclature des Carrières Françaises de Roches de Construction et de Décoration » et qui a servi de source dans l’élaboration de cette base de données.
En effet, une substitution de caractères a transformé la commune d’Eméville en Eureville et cette simple erreur de typographie a été ensuite reproduite et répétée sans fondement.

C’est un risque que nous avions souligné l’an passé dans un article de l’Echo des Carrières consacré à la recherche documentaire et à la fiabilité des sources bibliographiques.

Carrières Patrimoine a contacté le B.R.G.M. pour lui signaler cette erreur en espérant que la commune d’Emeville aura enfin la place qu’elle mérite pour sa contribution à l’exploitation de la pierre de la Bouloye.

En attendant, vous pouvez découvrir cette base de données  rassemblant :

  • 3558 monuments,
  • 6855 variétés de pierres de construction,
  •  2564 carrières.

Cliquez sur l’image pour accéder au site internet

Merci à tous nos visiteurs !

Posted in Evénements et médias, La Carrière Sarazin with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 23 novembre 2009 by Carrieres Patrimoine

2000 visiteurs !

C’est bien la preuve que le patrimoine dont nous nous occupons n’intéresse pas que les seuls membres de l’association.

Les bénévoles qui se dépensent sans compter, se déplacent, donnent de leur temps et de leur énergie sont heureux de partager leur passion au travers de cette vitrine des activités de l’association.

Nous espérons que vous nous avez lu avec plaisir et que vous reviendrez lire nos prochains articles :

  • Biodiversité souterraine : présentation des différentes chauves-souris présentes dans la Carrière Sarazin.
  • Patrimoine industriel : remise en état d’un wagonnet à benne Decauville donné à l’association par M. NOEL de l’école de Vaumoise.
  • Carrière Sarazin : mémoire des hommes (Inventaire photographique des inscriptions et dessins).
  • Chantier : dégagement et étude d’un bloc faisant partie du quai de chargement du Treuil d’Eméville

Vous pouvez aussi nous rejoindre pour participer activement à l’étude et à la préservation du patrimoine d’Eméville. Chacun a contribué et contribue à la hauteur de son savoir faire : réalisation de tartes aux pommes, prises de vues souterraines, jardinage, mécanique, don d’outils, etc.

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La Bouloye : une pierre locale

Posted in Bibliographie, La Carrière Sarazin with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 9 novembre 2009 by Carrieres Patrimoine

Voici une présentation de la pierre extraite dans la Carrière Sarazin à Eméville.


Carrière Sarazin, galerie d’extraction

La pierre de La Bouloye est extraite au Nord et au Sud de la route départementale n°50 qui mène de Crépy-en-Valois à Haramont, dans les communes de Bonneuil-en-Valois et d’Eméville (département de l’Oise) et dans la commune limitrophe d’Haramont (département de l’Aisne).

D’après Pierre NOEL (voir la bibliographie en fin d’article) les carrières connues sont :

  • carrière de La Bouloye (Eméville)
  • carrière du Chemin de Vez (Eméville)
  • carrière Sarazin (Eméville)
  • carrière des Trois-Fontaines (Bonneuil-en-Valois)
  • carrière du Tranloy (Bonneuil-en-Valois)
  • carrière Dior (Bonneuil-en-Valois)
  • carrière des Cailloteaux (ou Prud’homme) (Haramont)

Nous consacrerons un article à chacune de ces carrières.

Stratigraphiquement, cette pierre, qui est un calcaire à milioles, se situe a l’étage lutétien (45 millions d’années).
Au sujet du lutétien, nous vous invitons à découvrir les Collections du Museum National d’Histoire Naturelle de Paris.

lutetien

Cette pierre était commercialisée sous différentes appellations :

  • La Bouloye banc franc,
  • La Bouloye banc royal.

Elle était aussi vendue sous le nom de banc franc dit Saint Léonard, tirant probablement son nom de la Croix Saint Léonard qui se trouvait à proximité de la carrière de La Bouloye.

Quant au toponyme « Bouloye », il semble désigner un emplacement planté de bouleaux. Les bouleaux étant des plantes calcicoles, c’est-à-dire habitant des terrains calcaires, ils se sont développés dans les zones où le calcaire affleurait naturellement comme à flanc de colline. Quand ils ne servaient pas au bourrage des galeries, le cran et les déchets de taille, très abondants dans l’extraction, étaient sortis de la carrière et mis en tas appelés « cavaliers ». Avec le temps les bouleaux ont colonisé ces cavaliers.

L’exploitation est relativement récente : elle ne figure pas sur le «Répertoire des Carrières de pierre de taille exploitées en 1889», quoique une première carrière fut ouverte vers 1880 ; les autres ont été ouvertes au XXè siècle.

La masse a été exploitée sur une hauteur variant de 4 à 6 m, parce que le calcaire ne se présentait pas partout de la même façon. On y distingue en effet :

  1. Le banc franc, à grain moyen avec trous moyens et peu nombreux, sur fond blanc crème uni ;
  2. Le banc royal, à gros grains avec trous moyens et nombreux sur fond blanc uni. Mais il n’y a, pour ainsi dire, jamais de délits dans la masse et l’on passe insensiblement, ou presque, du banc franc, en haut, au banc royal, en bas : parfois on distingue sur 4 m de hauteur le banc franc du banc royal ; d’autres fois, la qualité sur ces 4 m de hauteur est à peu près uniforme et il semble bien qu’on n’y trouve que du banc franc avec, cependant, une partie grignarde dans la partie basse ; enfin il arrive de trouver 4 m de hauteur de banc franc, puis, en dessous, 1,30 m environ de banc royal.

Cette pierre, parfaitement utilisable en élévation sous saillie, doit être employée, comme toutes les pierres tendres, avec circonspection l’hiver. Sous l’effet du gel, l’eau contenue dans la pierre a tendance à s’expanser et si la porosité de la pierre est trop faible, elle la fera éclater.

REFERENCES D’UTILISATION

Banc franc

  • Hôtel Raphaël 17, av Kléber, Paris 16è (façade), 1929
  • Immeuble avenue Paul Doumer, angle rue de Passy, Paris 16è (façade), 1929
  • Banque de Madagascar et des Comores, avenue Matignon, Paris 8è (façade), 1957
  • Immeuble 28-30 rue Perronet, à Neuilly-sur-Seine (façade), 1954
  • 27, av des Champs Elysées Paris 8è
  • Immeuble 8, rue Quentin-Baucharts Paris 8è


L’hôtel Raphaël, avenue Kléber, Paris


L’hôtel Raphaël, avenue Kléber, Paris


L’hôtel Raphaël, Paris, vu depuis une rue latérale


Immeuble avenue Paul Doumer, angle rue de Passy, Paris


Immeuble 28 rue Perronet, à Neuilly-sur-Seine


Immeuble 28 rue Perronet, à Neuilly-sur-Seine


Immeuble 28 rue Perronet, à Neuilly-sur-Seine

 

Banc royal

  • Ecole technique de Creil (façade), 1928
  • Villa Chanez, Paris 16è (façade), 1928


Villa Chanez, Paris


Villa Chanez, Paris


Villa Chanez, Paris

On le voit, la pierre de la Bouloye n’est pas réservée à un usage local, surtout dans la période d’industrialisation croissante de l’activité extractive (voir l’article consacré au Patrimoine Industriel d’Eméville).

C’est ainsi que la maison Civet Pommier et Cie, devenue Carrières et Scieries de France, a expédié des blocs de la carrière de Trois Fontaines à Chevilly-Larue (Val-de-Marne), Sully-sur-Loire (Loiret) , Rennes (Ille-et-Vilaine) et Nantes (Loire-Atlantique) comme on a pu le constater sur un livre de production.

CARACTERISTIQUES TECHNIQUES

Densité apparente : banc franc: de 1593 à 1774 kg/m’; banc royal: de 1600 à 1732 kg/m3.

Résistance à l’écrasement: banc franc: de 87 à 142 kg/cm’; banc royal: de 69 à 151 kg/cm2.

Coefficient de taille : n° 3.

Vitesse du son: banc franc: de 2 294 à 2 930 m/seconde ; banc royal: de 2 310 à 2 848 m/seconde.

Largeur de la rayure: banc franc: de 1775 à 2 450 mm; banc royal: de 1800 à 2 125 mm.

Porosité: banc franc: 34,20 % à 41 % ; banc royal: 35,2 % à 40,9 %.

BIBLIOGRAPHIE

  • Les carrières françaises de pierre de taille. Pierre NOEL, Société de diffusion des techniques du bâtiment et des travaux publics, 1970.
  • Essai de nomenclature des carrières françaises de roches de construction et de décoration. Le Mausolée, 1976.
  • Memento sur l’Usage des Pierres et Marbres clairs Français : en raison de leurs destinations, aspect et résistances. Fèvre et Cie, 1930.

Article et photos Francois CHAUT

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Office de tourisme de Crépy-en-Valois

Posted in Evénements et médias with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 4 novembre 2009 by Carrieres Patrimoine

Patrimoine et Carrières

Les 35 clochers de la vallée de l’Automne, le Donjon de Vez ainsi que de nombreuses fermes et maisons rurales ont été contruits avec la pierre tirée des anciennes carrières du Valois.

On ne peut donc parler du patrimoine du Valois sans évoquer les anciennes carrières. La Carrière Sarazin est le fleuron intact et préservé de ces carrières de pierre tendre.

Retrouvez-nous sur le site de l’Office de Tourisme de Crépy-en-Valois

Office de Tourisme de Crépy-en-ValoisCliquez sur l’image pour accéder au site internet

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Carrières & Champignons

Posted in Bibliographie with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 30 octobre 2009 by Carrieres Patrimoine

LA CULTURE DU CHAMPIGNON DE COUCHE

Depuis bientôt 2 siècles, les anciennes carrières souterraines de pierre à bâtir ont connu maintes péripéties : comblées, foudroyées ou dépilées pour récupérer la pierre des piliers, certaines d’entre elles ont été utilisées pendant ou après la phase d’extraction pour produire des champignons.

La vie des anciennes carrières a ainsi été prolongée par cette utilisation économique, bien avant que les défenseurs du patrimoine souterrain ne mettent en valeur leur intérêt culturel et historique.

La culture du champignon ne date que du milieu du XIXè siècle. Elle n’occupe les carrières qu’après l’abandon de leur exploitation en raison de la stabilité de leur température intérieure voisine de onze degrés, propice au développement du champignon. Champignonnistes et carriers cohabitent parfois, les premiers utilisant la partie de la carrière où l’extraction est achevée.

 HISTOIRE

Au tout début de notre ère, l’Empereur romain Claude Ier, né à Lyon, est tellement gourmand de champignons qu’il en mange jusqu’à l’indigestion, ce qui permet à sa seconde épouse Agrippine de substituer un plat de champignons vénéneux à son mets favori et de l’empoisonner…

En 1707 le botaniste Joseph de Tournefort déclare qu’il connaît un procédé pour cueillir des champignons en toutes saisons sur des couches préparées à l’avance ; puis c’est la culture sous châssis qui est préconisée.

C’est à la fin du Premier Empire qu’on s’aperçoit que les anciennes carrières semblent convenir à la culture des champignons. On raconte ainsi qu’un officier de l’Empereur réfugié dans des carrières abandonnées où avait été déversée une grande quantité de fumier de cheval, aurait ainsi découvert une providentielle récolte de champignons lui permettant de subsister.

Une chose est sûre, c’est vers le milieu du XIXè siècle l’horticulteur Chambry a l’idée d’utiliser à cette fin les vides des carrières abandonnées des environs de la capitale. L’affaire prend une rapide extension parmi les maraîchers , les anciens carriers et aussi certains capitalistes espérant trouver là un bon placement d’argent, à telle enseigne que dès 1891 un Syndicat des Producteurs de Champignons se constitue !

En 1893, uniquement dans le département de la Seine, on dénombre 236 champignonnières !

Une champignonnière est habituellement divisée en plusieurs « caves » isolées les unes des autres. Cela permet de limiter la propagation des maladies du champignon et de faciliter le contrôle de la température de la pièce en réduisant son volume. Dans les exploitations modernes, le chauffage au gaz ou au fioul est utilisé et la circulation de l’air est assurée par de nombreux ventilateurs.

Manuel du champignonniste
La scène représentée sur la couverture de ce livre de 1904  pourrait s’être déroulée aussi bien sous Paris que dans le Valois.

TECHNIQUE

A l’origine, la culture des champignons se faisait sur des plates bandes ou de longues meules disposées en bandes parallèles. Malheureusement, les agents bactériens pathogènes pouvaient rapidement se propager de meule en meule, détruisant toute la production et nécessitant un assainissement complet de la cave.Après la seconde guerre mondiale, les meules ont été remplacées par des sacs, permettant d’éviter une contamination générale tout en facilitant aussi la préparation qui pouvait alors se faire en dehors des caves.

L'arrosage des meulesL’arrosage des meules

Par la suite, l’utilisation de bacs métalliques superposés de 250 kilos chacun, maniés avec des engins de levage, a permis de développer la production.

La technique traditionnelle de culture du champignon consistait autrefois à ensemencer les meules avec le mycélium, opération appelée lardage, avant de les recouvrir de terre et de les arroser, opération appelée gobetage. Cela se faisait à l’aide d’une pelle en bois : la pelle à gobeter.

Le GobetageLe gobetage

Aujourd’hui, nul besoin de briser les bouteilles qui contenait le mycélium pour procéder au lardage :des grains de seigle stérilisés servent de support au mycélium et sont disséminés dans les bacs de compost bacs à raison de 1 à 2% par rapport au volume total du compost.

Le compost est un mélange de fumier de cheval, de paille et de fiente de poule. Ce mélange fermente 13 jours et passe dans une chambre de pasteurisation où l’augmentation de la température à 58 degrés pendant 8 heures va éliminer les parasites autres champignons pathogènes. On va conserver au compost une température de 49 degrés pendant encore 5 jours. L’azote contenu dans le fumier et la fiente de poule se transforme en protéines qui nourriront le mycélium.

Lorsque la température est redescendue à 22 degrés, on peut ensemencer.

Le champignon de Paris cultivé aujourd’hui est issu d’un croisement entre une souche française et une souche californienne, donnant un produit plus blanc, à la croissance plus rapide.

On recouvre ensuite le compost de poudre de pierre.

Cette opération, le gobetage, est nécessaire pour neutraliser l’acidité du compost et constituer une réserve d’eau à la surface du bac de culture.

Il faut 2 semaines au mycélium pour s’accrocher sur le compost : durant la première semaine la température du compost est d’environ 30 degrés, contre 21 à 22 degrés pendant la seconde semaine. Si jamais la température du compost dépasse les 35 degrés, le mycélium meurt. La période de l’incubation nécessite donc un contrôle attentif et quotidien de la température des caves commet des bacs, sous peine de perdre une précieuse récolte. Il faut encore 2 autres semaines pour que le mycélium se soit suffisamment développé et que les champignons soient sortis.

La cueillette des « volées » de champignons va durer pendant  toute la fructification soit 5 semaines, chaque bac produisant environ 50 kilos de champignons.

A l’issue de la cueillette, les bacs sortiront de la cave. Le compost sera recyclé et les bacs propres seront de nouveau remplis. Pendant ce temps là, la cave sera soigneusement désinfectée à l’aide de produits phénolés tandis que cela se faisait autrefois avec un lait de chaux dont on badigeonnait le sol et les parois.

A l’heure actuelle, les producteurs français doivent faire face à la concurrence étrangère qui bénéficie de faibles coûts de main d’oeuvre et de transport, et certaines exploitations se font désormais dans des hangars climatisés.

La CueilletteLe panier sous le bras et la lampe acétylène en bout de main, le champignonniste procède à la cueillette.

Lampe acétylène de champignonniste
Lampe de champignonniste

Cette lampe peut être tenue dans l’axe du bras qui tient le panier du cueilleur, laissant l’autre main libre pour la cueillette. Grâce à son manche en bois le champignonniste peut aussi la fixer au mur, dans l’un des nombreux trous réalisés par les carriers pour les besoins de l’extraction.

 

Nous évoquerons la culture du champignon de Paris dans les carrières d’Eméville dans un prochain article avec témoignages, anecdotes et photographies.

BIBLIOGRAPHIE

  • Manuel du champignonniste professionnel et amateur.
    A. Cauchois, 5è édition, 1904.
  • Le champignon, sa culture en plein air, dans les caves et dans les carrières.
    Laizier, champignonniste, Auguste Goin éditeur, 1902.
  • Méthode pratique pour la culture des champignons avec profit.
    Conserves Champignol.
  • Le champignon cultivé
    Raphaël DE NOTER.
  • Champignons de couche.
    J. Lachaume & G. Bellair, Librairie de l’Académie d’Agriculture, 1932

Documents et article : François CHAUT
Remerciements : Jean-Louis SPINELLI

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Biodiversité souterraine : Les chauves-souris de la carrière Sarazin

Posted in Bibliographie, La Carrière Sarazin with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 27 mars 2007 by Carrieres Patrimoine

chiroptère 02chiroptère 01

Nous avons réalisé en mars 2007 un inventaire exhaustif des chauves-souris de la Carrière Sarazin. Chaque galerie, même remblayée, a été parcourue et scrutée sous l’oeil attentif de Christian DODELIN, spécialiste des chauves-souris à la Fédération Française de Spéléologie.
Nous le remercions d’avoir fait spécialement le déplacement depuis Chambéry pour s’intéresser aux chauves-souris du Valois !


Petit Rhinolophe

La chauve-souris est le seul mammifère volant. L’ordre des chiroptères (main volante) est le deuxième des mammifères en nombre d’espèces (près de 950), il est devancé par l’ordre des rongeurs. La chauve-souris est un animal troglophile : elle ne passe qu’une partie de son temps sous terre, ressortant à l’extérieur pour se nourrir.

Le résultat de cet inventaire a été surprenant :

  • 38 individus
  • 6 espèces différentes  

Leur localisation a été notée sur un plan afin d’étudier leur dispersion et leur répartition dans la carrière.
On ne les trouve pas nécessairement dans les galeries les plus éloignées du puits d’extraction.
Redoutant le froid, elles choisissent des zones sans courant d’air et en hauteur, où la température de l’air est plus élevée. Nous avons en effet noté une différence parfois supérieure à un degré entre la mi-hauteur des galeries et le ciel de la carrière.

Voici le détail de cet inventaire.

  • 19 petits rhinolophes (Rhinolophus hipposideros)
    Le petit rhinolophe ou petit fer à cheval est la plus petite espèce européenne de chauve-souris à nez en fer à cheval. Sa fourrure est douce, et de couleur gris-brun sur le dos et gris sur le ventre. Ses oreilles sont pointues et ses ailes sont longues.
    Il pèse 4 à 7 grammes.
    Il se nourrit de lépidoptères, de diptères, de coléoptères, de neuroptères et d’arachnides.


Petit rhinolophe au ciel de la Carrière Sarazin


Celui ci s’est accroché à un moellon

  • 3 murin à oreilles échancrées (Myotis emarginatus)
    Son pelage est brun-gris dans son ensemble, sauf au niveau de la face ventrale où il est plus clair.
    Il se nourrit d’arthropodes : insectes, araignées,…
  • 1 grand murin (Myotis myotis)
    Le grand murin ou grand vespertilion constitue la plus grande chauve-souris européenne du genre Myotis. Son pelage est de couleur gris-brun teintée de rouille, sauf au niveau ventral où il est blanchâtre. La tête, les oreilles et les ailes sont brun rosâtre. Sa tête est longue et large, ses oreilles sont grandes.
    Carnivore, il se nourrit de lépidoptères nocturnes et de coléoptères.
    Il mesure 11 à 15 cm pour une envergure de 35-45 cm.
    Il peut vivre plus d’une vingtaine d’annnées !


Murin dans la Carrière Sarazin

  • 3 murins de daubenton (Myotis daubentoni)
    Son pelage est bicolore. Le dessous est de couleur blanc, le dessus gris brun. Son museau brun rose ne ressort que peu de l’amas de poils. Adaptés à la capture d’insectes à la surface de l’eau, ses pieds sont très grands.
    Ce chiroptère chasse la faune inféodée au milieu aquatique.


Murin dans une tranche au ciel de la carrière

  • 1 murin de natterer (Myotis nattereri)
    Considéré comme rare.
    On le reconnaît à son museau rose, ses oreilles pointues, son ventre très blanc et sa taille intermédiaire. Le plus souvent, on le trouve dans les fissures.
    Carnivore, il se nourrit d’insectes.


Murin dans un trou de poteau au ciel de la carrière

  • 10 murins à moustaches (Myotis mystacinus)
    Le murin à moustache est de très petite taille à ventre blanc, présentant peu de contraste avec le pelage de son dos.
    Il ne pèse que 4 à 8 grammes.
    Il se nourrit de petits insectes tels que les moustiques, les petites libellules, les petits coléoptères et les papillons de nuit.
  • 1 murin de petite taille, ce qui ne permet pas de dire qu’il s’agit d’un petit murin (Myotis blythii) puisque ce dernier est habituellement présent dans le sud de la France.


Murin dans la Carrière Sarazin

Qui aurait pu croire à une telle diversité dans une carrière dont l’étendue reste si modeste ?

Les anciennes carrières constituent un gîte de choix pour les chauves-souris, principalement en raison de la tranquilité de ces sites généralement abandonnés et de leur température constante au long de l’année.

chiroptère 01

Les chauves-souris comptent naturellement peu de prédateurs directs, il s’agit surtout des rapaces nocturnes : chouettes et hiboux. Cependant la population de chiroptères est en déclin. Les raisons de ce déclin sont multiples mais sont toutes liées à l’activité humaine qui bouleverse l’environnement.

Les « aménagements » paysagers (fragmentation des zones boisées, assèchement des zones humides, suppression des haies…) font disparaître les lieux favorables aux insectes. Or, toutes les chauves-souris européennes sont insectivores.

De plus l’utilisation massive des pesticides et autres produits phytosanitaires provoque la raréfaction des insectes, et ces produits tuent aussi les chauves-souris par ingestion directe.

Leur habitat est également menacé : vieux troncs d’arbres, greniers mal isolés, cavités souterraines naturelles ou artificielles. Tous ces gîtes ont tendance à disparaître. Dans les anciennes carrières de notre région, les visites répétées de groupes nuisent aux chauves-souris qui, l’expérience nous le prouve, ne sont pas nécessairement éloignées des entrées.

Grâce aux conseils de scientifiques spécialistes des chiroptères, Carrières Patrimoine se donne les moyens d’organiser ses activités en harmonie avec ces sympathiques mammifères !

Une musaraigne

Les chauves-souris ne sont pas les seuls mammifères présents dans la carrière : lors d’un inventaire photographique réalisé le 22 novembre 2009, nous avons aperçu 3 musaraignes.
Tout comme la chauve-souris, la musaraigne est essentiellement insectivore. Du point de vue de la diversité des espèces, la famille des musaraignes est la quatrième chez les mammifères, dépassée seulement par les familles des Muridae et des Cricetidae, qui font partie des rongeurs (Muroidea), et la famille des Vespertilionidae chez les chauves-souris.

Afin de découvrir comment a évolué la population de chauves-souris de la Carrière Sarazin, un nouvel inventaire sera dressé en mars 2010.

Photographies Francois CHAUT
Remerciements : Christian DODELIN, ABIMES.