Carrière des Américains (2ème partie)

Après avoir évoqué les témoignages laissés par les carriers au XIXème siècle, nous vous invitons à découvrir les traces et vestiges de l’occupation des lieux par les Allemands comme par les Français. Un troisième article clôturera cette série en évoquant la période « américaine » de la carrière.

Vestiges de défenses en fils de fer barbelés dans la carrière. Ceci nous rappelle que la carrière elle-même a été un champ de bataille. Par endroit, des éclats de grenade constellent le plafond de calcaire, témoins des combats pour conquérir la carrière, galerie après galerie…

 

« Strophff Peter, Köln » (Cologne) Non daté.

 

« Errichtet 31.7.1917 » soit « créé le 31 juillet 1917 ».

Malades. Désigne un poste de soin.

 

Stahlhelm modèle 1916 ?

Stalhelm est un terme allemand signifiant littéralement « casque (Helm) d’acier (Stahl) ». Il désigne le casque en fer forgé de forme caractéristique, développé vers la fin du XVe siècle et qui sera jusqu’en 1945 le symbole du soldat allemand. On retrouve déjà sa forme dans certaines gravures d’Albrecht Dürer. Un modèle en acier fut introduit à la fin de janvier 1916 pour remplacer sur le champ de bataille le casque à pointe, fabriqué en cuir comme le modèle présenté ci-dessous.

 

Vestige de casque à pointe

Le casque à pointe de base était fait de cuir bouilli avec des renforts et une pointe en métal. A l’origine, la pointe est censée dévier sur les côtés les coups de sabre et autres armes. Recouvert d’un vernis noir, il avait des garnitures en métal blanc ou jaune selon les régiments. Le modèle intégralement métallique était destiné aux cuirassiers, et apparaît souvent sur les portraits de personnalités de haut-rang. Comme il n’offrait qu’une faible protection dans les combats de tranchée, il  fut remplacé début 1916 par le casque acier ou Stalhelm. Les cocardes, une de chaque côté au niveau de la fixation de la jugulaire, la droite étant peinte aux couleurs du Reich, la gauche aux couleurs de l’État (Land), sont de formes diverses. Les cocardes indiquent également le grade. Par exemple, pour un sous-officier, par un petit cercle métallique additionnel masquant la couleur blanche de la cocarde du Reich (source wikipedia).

Soldat allemand au casque à pointe

 

« Musketier P. Bell 4/2 (…) 1914-15 » Musketier désigne un militaire du rang dans l’infanterie allemande.

 

« II Zug. 5 Gruppe 22.4.1915 »

 

Eisernes Kreuz (Croix de fer allemande gravée en 1914 avec une couronne et le monogramme de l’empereur Guillaume II, Wilhelm en allemand)

 

« I Zug » L’inscription, elle-même au dessus d’une main indiquant une direction, est surmontée d’une Croix de fer.

 

Détail

 

« 1. Verteidigung ! » Verteidigung signifiant défense, cela pourrait être traduit comme première ligne.

 

A gauche : « Théoleyre Pierre 72 Régiment Inft 1917 »
A droite : « Landsturmmann W Schmitz 9/161 20-29 VII 1915 »

Schmitz est incorporé dans la 9è compagnie du 161ème Landsturm Regiment (Régiment territorial). Pierre Théoleyre a gravé son nom sans effacer l’inscription voisine laissée par son prédécesseur. Les 2 inscriptions voisinent depuis un siècle au ciel de la carrière pour nous rappeler les phases successives d’occupation des lieux par les Allemands puis les Français.

 

Portraits masculins et féminins

 

« L’Angleterre doit tenir et serrer les dents. Le Tigre »
Nous n’avons pas trouvé de discours de Clémenceau duquel cette citation aurait pu être extraite.

 

Profil de soldat français du 64ème Régiment d’Infanterie (cité 2 fois à l’ordre de l’armée)

Le casque Adrian M 1915, lointainement inspiré de la bourguignotte du Moyen Âge, est le casque militaire équipant les troupes françaises pendant la Première Guerre mondiale. Il fut conçu dans l’urgence quand des millions de soldats se retrouvèrent engagés dans la guerre de tranchées et que les blessures à la tête devinrent la cause d’une proportion significative des pertes sur le champ de bataille ; 77 % des blessures des Poilus étaient à la tête avant son adoption, le chiffre tombant à 22 % en 19161. Il remplaçait une cervelière (calotte d’acier portée sous la casquette ou le képi) adoptée en février 1915 et fut distribué à partir de septembre 1915. (source wikipédia)

 

« Honneur à la popote des boit sans soif »


Ce dessin, malheureusement dégradé, peut faire allusions aux « apaches », ces voyous parisiens de la « belle époque » : homme à casquette, personnage féminin, revolver, « surin » (terme d’argot désignant un couteau), coeur saignant transpercé par un poignard, coup de poing américain.

(c) Photos François chaut pour Carrières Patrimoine

Bibliographie : La guerre souterraine: Sous terre, on se bat aussi. Jérôme Triolet & Laurent Triolet, Perrin, 2011.

 

A SUIVRE

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2 Réponses to “Carrière des Américains (2ème partie)”

  1. […] la suite de la visite de la Carrière des Américains. Un site extraordinaire qui nous transporte un siècle en arrière. Cette dernière partie est […]

  2. […] à cette superbe carrière de l’Aisne et aux traces laissées par les carriers, les soldats allemands et français, et enfin par les Américains, nous vous proposons la lecture de 2 publications sur ce […]

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