Carrières, vieux papiers, histoire(s)

La scripophilie, vous connaissez ?

Ce terme désigne la collection d’anciens titres boursiers (et tous documents en rapport avec les actions, obligations, emprunts, coupons, etc.) qui ont été cotés, ou non cotés, sur une bourse des valeurs.

Les plus grandes sociétés exploitant ou ayant exploité des carrières ont émis des actions.

La société des « Carrières et Scieries de France, Anciens Etablissements Civet Pommier & Cie, » a exploité plusieurs carrières d’Eméville et de Bonneuil-en-Valois : Carrière de Trois Fontaines, Carrière de la Bouloye et Carrière du Chemin de Vez.


Carrières et Scieries de France, anciens Etablissements Civet Pommier & Cie 1927

La société CIVET Fils et Cie a été fondée par Félix CIVET (1809-1871) en 1853 avant de devenir CIVET POMMIER et CIE en 1898. C’est en 1927, date d’émission de cette action, que la Société change une nouvelle fois de dénomination sociale.


L’étoile pleine rouge qui figure sur l’action de 1927 était un symbole de la société CIVET POMMIER reproduit sur le papier à en-tête de la société (en noir), à l’entrée de certaines carrières (comme celle de Château Gaillard à Migné dans le département de la Vienne) ou bien dans des galeries de carrières souterraine (Carrière du Chemin de Vez à Eméville). Les bâtiments  utilisés pour les besoins de l’exploitation des carrières portaient également le nom et l’étoile. C’est ainsi que l’une des maisons Civet Pommier d’Eméville porte encore une étoile sur son pignon.

Maison Civet Pommier, Eméville, 1986. Photo R. Chardon
On distinguait encore l’incription surmontée d’une grande étoile sur la façade.

 


Papier à en-tête Civet, Pommier & Cie, années 1920.

Outre l’étoile caractéristique, ce document mentionne parmi les « BANCS ROYALS » (sic) celui de la BOULOYE. La Carrière de la Bouloye, à Eméville, a donné son nom à cette pierre qui fut également exploitée à la carrière du Chemin de Vez et à la carrière Sarazin, mais aussi sur les territoires de Bonneuil-en-Valois (carrière des Trois-Fontaines, carrière du Tranloy, carrière Dior) et Haramont (carrière des Cailloteaux ou carrière Prud’homme. Nous avons évoqué dans un précédent article la description de cette pierre locale, illustrée d’exemples d’utilisation

 

  MIGNE (Vienne). Les Carrières du Poitou « Château Gaillard »
Souvenir du Congrès des Syndicats du Bâtiment, 1904

 

Carrières et Scieries de France, anciens Etablissements Civet Pommier & Cie 1963

Bien détachée de l’appellation Carrières et Scieries de France, l’ancienne dénomination CIVET POMMIER & CIE est mise en en évidence, notamment en utilisant une typographie plus grande. La continuité de l’entreprise est confirmée par la présence de l’étoile qui a perdu sa forme traditionnelle au profit d’un dessin plus moderne et plus dynamique, avec des ombrages.
On remarque également le rappel de couleur qui achève de faire le lien entre les deux versions de l’étoile. 

 
L’étoile de 1927 et celle de 1963


Anciens établissements Fèvres et Cie 1973

Maison fondée en 1853, Fèvre et Cie (Carrières et scieries de Bourgogne) transformée en SA en 1954 sous la dénomination Anciens établissements Fèvre et Cie, exploitait de nombreuses carrières en France, notamment à Comblanchien en Bourgogne. Outre le nom de la société, plusieurs éléments viennent accentuer le caractère historique de l’entreprise avec la réprésentation de plusieurs outils traditionnels du tailleur de pierre : le compas, l’équerre avec le fil à plomb, la massette et la pointerolle. En 1976, Fèv re et Cie fait partie du groupe descendant de Civet Pommier.

 

Enfin, voici deux autres exemples d’actions de carrières, dans des styles fort différents mais tout aussi remarquables.


Société Anonyme des Carrières de Corbeil, 1908

Ces entrelacs végétaux et leur couleur verte, dans le plus pur style Art nouveau, font immédiatemment songer aux fameuses bouches de métro parisiennes réalisées en 1900 par Hector Guimard.
En France, l’Art nouveau était également appelé « style nouille » par ses détracteurs, en raison de ses formes caractéristiques en arabesques, ou encore « style Guimard ».

 


Carrières de Grès des Vosges, 1928

Le Grès des Vosges ou Grès d’Alsace (ces deux appellation commerciale désignent la même pierre) provient d’un gisement au Nord-Ouest de Saverne dans le Bas-Rhin. Les grands blocs extraits des carrières à ciel ouvert sont visibles sur les illustrations ornant cette action.
La cathédrale de Strasbourg et l’Eglise Sainte Odile sont de très beaux exemples de réalisation en Grès des Vosges dont la couleur si caractéristique a visiblement inspiré la décoration de cette action.

Vous trouverez sur le site Mundus Subterraneus de nombreuses autres actions de mines et carrières françaises et étrangères. 

(c) Textes et documents François Chaut & collection particulière

 

Bibliographie

Les grandes industries de france, Les carrières de pierre a bâtir Civet Crouet Gauthier et cie, Janvier 1891.
Les carrières françaises de pierre de taille, Pierre NOEL, 1970.
Essai de nomenclature des carrières françaises de roche de construction et de décoration, Le Mausolée, 1976

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