Bardage d’un bloc

BARDAGE : Le bardage désigne toutes les opérations de manutention de la pierre. En carrière, le bardage comprend le déplacement des blocs de pierre depuis leur lieu d’extraction jusqu’au dépôt, ou jusqu’à la taillerie.

Et voici ce que l’on disait du bardage en 1891 dans une publication consacrée aux carrières CIVET :
« Le bardage n’est autre chose que le transport de la pierre du lieu où elle a été travaillée ou emmagasinée à celui où elle doit être employée ; il s’opère au moyen de rouleaux de plats-bords, de civières ou bards, de binards ou petits trucs à chemin de fer.
Pour les petites distances, on se contente très souvent de faire avancer les pierres sur des rouleaux de bois que l’on fait courir sur des madriers ou platas-bords pour éviter les inégalités ou la mollesse du sol. On garantit les faces taillées ou les arêtes de la pierre tendre en plaçant ces pierres elles-mêmes sur un madrier qui s’avance avec elles. Mais suivant que les distances sont plus ou moins grandes, on emploie : la civière ou bard, le chariot ou ruc à chemin de fer, et quand la distance devient importante, on emploie enfin le binard à traction de cheval.
Le bardeur doit prendre les plus grandes précautions pour éviter de détériorer les pierres taillées ; ainsi, quand il les transporte, les roule sur les plats-bords ou leur fait quartier, il doit placer dessous, et principalement sous les arêtes, des paillassons ou des torches ou bouchons de paille.
La manoeuvre des pierres de taille, tant pour les mettre en position d’être travaillées que pour être bardées, exige l’emploi du cric, instrument d’une grande puissance et d’une utilité journalière.
Quand on emploi la pince pour soulever un cîté de la pierre pour en faciliter la manoeuvre, il faut avoir soin de placer un petit morceau de bois entre la pince et la pierre, si on ne veut pas écorner les arêtes ou dégrader la surface. »

Illustration de bardage d’un bloc.
Peinture de Pierre OUALLE dans la Carrière du Clocher (Carrière MASCITTI), 1969.

A l’occasion des journées du patrimoine nous avons réalisé un petit exercice pratique.

Il s’agissait de déplacer un bloc de pierre extrait et sorti de la carrière il y a 80 ans : poids estimé entre 2 et 2,5 tonnes. Ce bloc avait été dégagé lors de fouilles à l’emplacement de la forme du treuil.


Masse et roule

Déjà 1 mètre parcouru !

Le treuil électrique a remplacé le treuil à bras ou crapaud mais la technique reste la même.

L’un des 3 roules utilisés

Le bloc est presque arrivé à destination, il faut à présent le faire pivoter. La pince à talon reprend du service.

La pince permet de lever le bloc pour le caler et glisser un roule.


Le roule est prêt à être glissé sous le bloc.


Un point d’appui, un levier et le bloc est soulevé.

Le bloc glisse sur les roules posés en éventail pour prendre sa place définitive.

Le bloc sur ses cales en pierre. De gauche à droite, le matériel qui a servi : masse, cales en bois, cric, roules en bois, pince à talon.

Bibliographie :
Pierre de taille, Etienne Cunrath, 2006
Les grandes industries de France, 1891 

(c) Texte et photos F. Chaut

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