Sortie spéléologique en picardie

Le titre peut vous étonner, mais il est bien possible de faire de la spéléologie en Picardie ! Venez découvrir avec nous la rivière souterraine de la halte de Boursonne Coyolles. Nous remercions Marco et Jérémy, nos guides pour cette sortie inattendue et originale.

Voici l’historique de la cavité, extrait de « Gouffres et Abîmes d’Ile de France », ouvrage incontournable réalisé par le Groupe Spéléo Plongée du CCDF, il y a maintenant une trentaine d’années !

C’est lors de la construction de la ligne de chemin de fer, à la fin du siècle dernier que fut creusé un puits, afin d’alimenter en eau la gare. Une première fissure est rencontrée à la cote – 12,80 m, il s’agit d’un petit laminoir ; mais la véritable cavité est découverte à – 27 m. Le géologue BOURSAULT visite la «rivière» le 30 Octobre 1896.

Ce n’est qu’après 1950, alors que les premiers clubs de spéléo s’organisent dans la région parisienne, que l’on entend à nouveau parler de la rivière souterraine.
A l’époque, la gare est habitée et l’eau du puits est utilisée pour alimenter celle-ci. Aussi, c’est tout un problème pour visiter la cavité car toute incursion trouble l’eau…

Il faut alors demander une autorisation pour explorer la cavité très longtemps à l’avance, afin que les réserves suffisantes soient faites. Au cours d’une de ces explorations, le groupe spéléo du CCDF a la chance de faire une « découverte » : le 26 Mai 1955 le niveau de l’eau est particulièrement bas ; sur la gauche, en pénétrant dans le réseau, la galerie habituellement noyée laisse passer quelques centimètres d’air et permet une incursion sur une dizaine de mètres. Malheureusement, faute de matériel approprié, les spéléos s’arrêtent sur une deuxième voûte basse.

Les variations du niveau de l’eau sont très courantes et ne correspondent guère avec le régime des précipitations. Malgré les nombreuses visites de vérification, «ça ne passe plus», le réseau est continuellement noyé.
Ce n’est que le 13 Mai 1966 que l’exploration de la galerie sera achevée, permettant la découverte d’une soixantaine de mètres de réseau nouveau.

Vers 1970, la gare est désaffectée, facilitant l’accès au réseau. Malgré le nombre croissant de spéléos qui visitent BOURSONNE-COYOLLES, personne ne parvient à nouveau (à notre connaissance) à visiter le nouveau réseau. L’eau va jusqu’à varier de 4 mètres du bas du puits.
En 1977, Joël ENNDEWELL du P.S.P. plonge dans le nouveau réseau et n’y trouve aucune continuation ; il plonge également dans le réseau noyé mais comme son nom l’indique, celui-ci ne redébouche pas à l’air libre.

Entre temps, la gare et tous ses bâtiments ont été rasés : il ne reste plus qu’un abribus. La pompe a été démontée, on a posé une plaque de béton sur le puits ; plaque qui ne tarde pas à être descellée et qui sera probablement remplacée par une autre. Curieuse maladie qui frappe les cavités parisiennes …Une porte serait peut-être un moindre mal.

Depuis, le puits qui avait servi de dépotoir a été désobstrué par les spéléos picards qui ont sécurisé l’accès et organisent régulièrement des visites pour le public.


Une installation pratique et sécurisée


La chauve souris accueille chaque visiteur dès le puits d’accès !


27 mètres plus bas, la surface semble lointaine


La partie supérieure du puits est appareillée en pierre de taille tandis que la base du puits est foncée dans la masse calcaire.


Personnage au casque à pointe, souvenir de la guerre de 1870 ?


Les visiteurs précédents, ou bien les ouvriers ayant contribué à l’ouvrage, ont laissé leur trace.


Quoiqu’il en soit, l’éclairage acétylène est désormais proscrit dans la cavité pour ne pas noircir les parois.



 

Photos A. Garlan et F.Chaut

Publicités

2 Réponses to “Sortie spéléologique en picardie”

  1. […] Nous avons déjà visité cette cavité naturelle qui est toujours en cours d’exploration. Voir l’article consacré à cette sortie insolite et intéressante. […]

  2. […] A quelques kilomètres d’Eméville et de la Carrière Sarazin, une cavité naturelle requiert le concours de spécialistes en plongée souterraine : il s’agit de la rivière souterraine de la halte de boursonne Coyolles . […]

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :