Nos amies les Chauves-Souris (suite)

Les 10 & 11 avril 2010 le Comité Spéléologique d’Île de France organisait un stage sur les chauves souris, avec le soutien de l’association Carrières Patrimoine.

Cet article a pour but de vous présenter le déroulement et la partie pédagogique du stage. Un second article présentera les résultats des observations faites dans les carrières d’Eméville.

Pour ce premier stage du genre organisé dans la région, une vingtaine de participants (stagiaires et cadres ) sont venus de l’Oise, des Hauts de Seine, de Seine et Marne, du Val de Marne, de l’Essonne, de Paris, de Savoie et même de Belgique.

Mixité et diversité étaient bien à l’ordre du jour puisque les femmes représentaient 25% de l’effectif total et que l’âge des participants allait de 12 à 67 ans.

Les attentes et les motivations des participants étaient diverses et variées :

  • découvrir un aspect de la biodiversité souterraine,
  • savoir observer les différentes espèces sans les déranger,
  • apprendre à les reconnaître,
  • apprendre à faire un recensement en cavité souterraine,
  • savoir comment exploiter les résultats des observations.

Un sujet aussi fédérateur ne manquera pas de susciter l’organisation d’autres stages et de nouvelles opérations de recensement des chauves-souris et de leurs gîtes.

Le pays de Valois ne fait pas figure d’exception dans une région riche en anciennes carrières souterraines, et ces initiatives contribueront à mieux connaître et faire connaître notre environnement pour mieux le protéger.

Des membres de la Commission Vidéo du COSIF étaient présents durant le stage afin de tourner les images nécessaires à la réalisation d’un petit film.

Suivez pas à pas les stagiaires dans leurs découvertes

Eméville, capitale de la chauve-souris pour un week end !

Vendredi soir



Tout a commencé le vendredi soir avec la préparation de la salle communale


23h00. Après l’effort, le réconfort

Samedi matin


L’arrivée des stagiaires


Premier exposé sur les chiroptères : caractéristiques et modes de vie

La France compte 34 espèces de chauves-souris sur les 1000 qui existent de par le monde.

Ces 34 espèces sont réparties en 4 familles dont 2 sont en Picardie : rhinolophidae et vespertilionidae.

Les chauves-souris d’Europe sont de petite taille, pèsent quelques grammes et sont insectivores.

La cohabitation entre différentes espèces est fréquente.

L’espérance de vie d’une chauve-souris varie selon les espèces de 10 à 45 ans.

Pour connaître leur environnement, elles émettent des ultrasons. Les échos de ces ultrasons sont captés par les oreilles des chauves souris.

Elles dorment la tête en bas, suspendues par les pattes arrière. Leur système sanguin est conçu pour éviter que le sang stagne en bas.


Christian DODELIN, membre de la Commission Environnement et Scientifique, délégué Chiroptères à la Fédération Française de Spéléologie. C’est la seconde fois que ce spécialiste fait le déplacement depuis la Savoie pour venir observer les chauves-souris d’Eméville


Maîtrisant parfaitement le sujet, c’est lui qui a conçu les supports pédagogiques utilisés pendant le stage

L’hibernation permet de maintenir la vie en l’absence de nourriture, lorsqu’il n’y a plus d’insectes l’hiver. Les changements de métabolisme dus à l’hibernation sont remarquables.

Abaissement du rythme cardiaque (exemple du Grand murin) :

  • En activité         : 880 bat/minute
  • En repos             : 250 à 450/mn
  • En hibernation : 18 à 80/mn

Diminution du rythme respiratoire (exemple du Grand murin) :

  • En activité         : 4 à 6 mouvements par seconde
  • En hibernation : 1 mouvement en 1 heure à 1 heure 30

Abaissement de la température (exemple de l’Oreillard) :

  • Eveillé                 : 40°
  • En hibernation : entre 0° et 10°


Nos amis spéléologues de l’Oise ont apporté les ouvrages consacrées aux chauves-souris tirés de leur énorme bibliothèque.

Durant l’hibernation, leur température est généralement supérieure de 1 à 2 degrés par rapport à la température ambiante. Contrairement aux idées reçues, les chauves-souris se réveillent naturellement plusieurs fois dans l’hiver pour boire ou faire leurs besoins ; il leur faut 45 minutes pour se réveiller.

Ce sont les réveils intempestifs, grands consommateurs d’énergie, qui sont dangereux pour les chauves-souris ; ils résultent généralement d’une perturbation de l’environnement (bruit ou élévation de la température) provoquée par l’activité humaine ou le travail d’engins.

Pour différencier les familles et les genres :

  1. Les ailes enveloppent le corps : Rhinolophes.
    Les ailes sont pliées en éventail : Vespertilions et Minioptères.
    .
  2. Les oreilles se touchent sur le front : Barbastelles, Oreillard.
    Les oreilles sont séparées : Sérotines, Pipistrelles, Noctules, Minioptères, Murins
    .
  3. Oreilles courtes et anguleuses, corps noirs : Barbastelle
    Oreilles retournées sous les ailes, tragus visibles : Oreillard
    .
  4. Oreilles petites, tournées sur les côtés : Sérotines, Noctules, Minioptères, Pipistrelles
    Oreilles et tragus (fins) tournées vers l’avant : Murins
    .
  5. Taille plus grand qu’un doigt  : Sérotines, Minioptères, Noctules
    Plus petite qu’un pouce : Pipistrelles

Les chauves-souris sont TOUTES des espèces protégées (ainsi que leurs habitats).

Elles sont menacées par les insecticides qui empoisonnent ou font disparaître leur nourriture. L’aménagement du territoire ou la modification de bâtiments (fermeture de grenier, clocher …, traitement des charpentes …) contribue également à la réduction de leur garde manger.

Le mode de protection par la pose de grilles n’est absolument pas adapté pour les minioptères qui refusent de les franchir.

Samedi après midiLe Treuil d’Eméville

Après un pique-nique au Treuil d’Eméville, les stagiaires sont partis à la découverte de la Carrière Sarazin, exemple unique d’une exploitation de pierre tendre figée dans son activité : outils, matériels et blocs de pierre sont encore en place comme s’ils attendaient le retour des carriers.


A la base du puits d’extraction de la Carrière Sarazin


A la recherche d’indices de présence des chauves-souris, guano ou ossements


Les traces de guano attestent que des chauves-souris ont bien été présentes à un moment ou à un autre


Prospection


L’extraction à la lance à laissé de profonds sillons au ciel de carrière ; les chauves-souris en profitent aujourd’hui pour s’y réfugier à l’abri des courants d’air.


Petit Rhinolophe

 

 


Les photos prises durant l’après midi sont visionnées et commentées

 


Un premier bilan durant l’apéritif à l’issue de cette premier journée de formation


Le repas a été soigneusement préparé

 


Un dîner parfait !

Dimanche matin


La formation reprend à 09h30


La Commission Vidéo du COSIF a suivi le stage et réalisera un petit film sur le sujet.

Charles DECAUDIN à la caméra


Des stagiaires sages et attentifs

Après la théorie, la pratique !


En route pour explorer d’autres anciennes carrières


Bien observer pour mieux découvrir

 


Petit Rhinolophe


Ce bassin pourrait contenir des organismes cavernicoles

La Commission Vidéo du COSIF en action
Charles DECAUDIN & Arnaud GARLAN

Dimanche après midi


Analyse des photos prises en carrière


Ossements de chauves-souris apportés pour étude


Un dernier tour de table

Le stage a répondu aux attentes de l’ensemble des participants, visiblement très satisfaits.

Ce genre de stage, faisant découvrir une nouvelle facette de la spéléologie, permet aux participants de pratiquer différemment leur activité.

L’ensemble des stagiaires a manifesté le désir de renouveler cette expérience en participant à de nouvelles opérations de comptage des chauves-souris. Spéléologues chevronnés ou débutants, passionnés de patrimoine industriel souterrain et d’anciennes carrières, ils sont intéressés par cette démarche.

Il serait intéressant de renouveler l’expérience localement à une période plus appropriée, voire à plusieurs moments dans l’année sur un site comme celui de la Carrière Sarazin où les visites se font de manière raisonnée.

Les spéléologues étant par définition des acteurs principaux mais pas exclusifs du monde souterrain, ce genre d’initiative doit s’inscrire dans un cadre plus large de collaboration avec les autres organismes s’occupant de l’étude et de la préservation des espèces.

(c) Texte et photos François CHAUT pour Carrières Patrimoine

 

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