La Bouloye : une pierre locale

Voici une présentation de la pierre extraite dans la Carrière Sarazin à Eméville.


Carrière Sarazin, galerie d’extraction

La pierre de La Bouloye est extraite au Nord et au Sud de la route départementale n°50 qui mène de Crépy-en-Valois à Haramont, dans les communes de Bonneuil-en-Valois et d’Eméville (département de l’Oise) et dans la commune limitrophe d’Haramont (département de l’Aisne).

D’après Pierre NOEL (voir la bibliographie en fin d’article) les carrières connues sont :

  • carrière de La Bouloye (Eméville)
  • carrière du Chemin de Vez (Eméville)
  • carrière Sarazin (Eméville)
  • carrière des Trois-Fontaines (Bonneuil-en-Valois)
  • carrière du Tranloy (Bonneuil-en-Valois)
  • carrière Dior (Bonneuil-en-Valois)
  • carrière des Cailloteaux (ou Prud’homme) (Haramont)

Nous consacrerons un article à chacune de ces carrières.

Stratigraphiquement, cette pierre, qui est un calcaire à milioles, se situe a l’étage lutétien (45 millions d’années).
Au sujet du lutétien, nous vous invitons à découvrir les Collections du Museum National d’Histoire Naturelle de Paris.

lutetien

Cette pierre était commercialisée sous différentes appellations :

  • La Bouloye banc franc,
  • La Bouloye banc royal.

Elle était aussi vendue sous le nom de banc franc dit Saint Léonard, tirant probablement son nom de la Croix Saint Léonard qui se trouvait à proximité de la carrière de La Bouloye.

Quant au toponyme « Bouloye », il semble désigner un emplacement planté de bouleaux. Les bouleaux étant des plantes calcicoles, c’est-à-dire habitant des terrains calcaires, ils se sont développés dans les zones où le calcaire affleurait naturellement comme à flanc de colline. Quand ils ne servaient pas au bourrage des galeries, le cran et les déchets de taille, très abondants dans l’extraction, étaient sortis de la carrière et mis en tas appelés « cavaliers ». Avec le temps les bouleaux ont colonisé ces cavaliers.

L’exploitation est relativement récente : elle ne figure pas sur le «Répertoire des Carrières de pierre de taille exploitées en 1889», quoique une première carrière fut ouverte vers 1880 ; les autres ont été ouvertes au XXè siècle.

La masse a été exploitée sur une hauteur variant de 4 à 6 m, parce que le calcaire ne se présentait pas partout de la même façon. On y distingue en effet :

  1. Le banc franc, à grain moyen avec trous moyens et peu nombreux, sur fond blanc crème uni ;
  2. Le banc royal, à gros grains avec trous moyens et nombreux sur fond blanc uni. Mais il n’y a, pour ainsi dire, jamais de délits dans la masse et l’on passe insensiblement, ou presque, du banc franc, en haut, au banc royal, en bas : parfois on distingue sur 4 m de hauteur le banc franc du banc royal ; d’autres fois, la qualité sur ces 4 m de hauteur est à peu près uniforme et il semble bien qu’on n’y trouve que du banc franc avec, cependant, une partie grignarde dans la partie basse ; enfin il arrive de trouver 4 m de hauteur de banc franc, puis, en dessous, 1,30 m environ de banc royal.

Cette pierre, parfaitement utilisable en élévation sous saillie, doit être employée, comme toutes les pierres tendres, avec circonspection l’hiver. Sous l’effet du gel, l’eau contenue dans la pierre a tendance à s’expanser et si la porosité de la pierre est trop faible, elle la fera éclater.

REFERENCES D’UTILISATION

Banc franc

  • Hôtel Raphaël 17, av Kléber, Paris 16è (façade), 1929
  • Immeuble avenue Paul Doumer, angle rue de Passy, Paris 16è (façade), 1929
  • Banque de Madagascar et des Comores, avenue Matignon, Paris 8è (façade), 1957
  • Immeuble 28-30 rue Perronet, à Neuilly-sur-Seine (façade), 1954
  • 27, av des Champs Elysées Paris 8è
  • Immeuble 8, rue Quentin-Baucharts Paris 8è


L’hôtel Raphaël, avenue Kléber, Paris


L’hôtel Raphaël, avenue Kléber, Paris


L’hôtel Raphaël, Paris, vu depuis une rue latérale


Immeuble avenue Paul Doumer, angle rue de Passy, Paris


Immeuble 28 rue Perronet, à Neuilly-sur-Seine


Immeuble 28 rue Perronet, à Neuilly-sur-Seine


Immeuble 28 rue Perronet, à Neuilly-sur-Seine

 

Banc royal

  • Ecole technique de Creil (façade), 1928
  • Villa Chanez, Paris 16è (façade), 1928


Villa Chanez, Paris


Villa Chanez, Paris


Villa Chanez, Paris

On le voit, la pierre de la Bouloye n’est pas réservée à un usage local, surtout dans la période d’industrialisation croissante de l’activité extractive (voir l’article consacré au Patrimoine Industriel d’Eméville).

C’est ainsi que la maison Civet Pommier et Cie, devenue Carrières et Scieries de France, a expédié des blocs de la carrière de Trois Fontaines à Chevilly-Larue (Val-de-Marne), Sully-sur-Loire (Loiret) , Rennes (Ille-et-Vilaine) et Nantes (Loire-Atlantique) comme on a pu le constater sur un livre de production.

CARACTERISTIQUES TECHNIQUES

Densité apparente : banc franc: de 1593 à 1774 kg/m’; banc royal: de 1600 à 1732 kg/m3.

Résistance à l’écrasement: banc franc: de 87 à 142 kg/cm’; banc royal: de 69 à 151 kg/cm2.

Coefficient de taille : n° 3.

Vitesse du son: banc franc: de 2 294 à 2 930 m/seconde ; banc royal: de 2 310 à 2 848 m/seconde.

Largeur de la rayure: banc franc: de 1775 à 2 450 mm; banc royal: de 1800 à 2 125 mm.

Porosité: banc franc: 34,20 % à 41 % ; banc royal: 35,2 % à 40,9 %.

BIBLIOGRAPHIE

  • Les carrières françaises de pierre de taille. Pierre NOEL, Société de diffusion des techniques du bâtiment et des travaux publics, 1970.
  • Essai de nomenclature des carrières françaises de roches de construction et de décoration. Le Mausolée, 1976.
  • Memento sur l’Usage des Pierres et Marbres clairs Français : en raison de leurs destinations, aspect et résistances. Fèvre et Cie, 1930.

Article et photos Francois CHAUT

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3 Réponses to “La Bouloye : une pierre locale”

  1. […] pierre de la Bouloye exploitée à Bonneuil-en-Valois, Eméville et Haramont y est référencée mais une coquille […]

  2. […] Retrouvez ici les photos de quelques immeubles faits en pierre d’Eméville. […]

  3. […] Outre l’étoile caractéristique, ce document mentionne parmi les "BANCS ROYALS" (sic) celui de la BOULOYE. La Carrière de la Bouloye, à Eméville, a donné son nom à cette pierre qui fut également exploitée à la carrière du Chemin de Vez et à la carrière Sarazin, mais aussi sur les territoires de Bonneuil-en-Valois (carrière des Trois-Fontaines, carrière du Tranloy, carrière Dior) et Haramont (carrière des Cailloteaux ou carrière Prud’homme. Nous avons évoqué dans un précédent article la description de cette pierre locale, illustrée d’exemples d’utilisation.  […]

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