Carrière des Américains (3ème partie)

Posted in Sorties et visites on 17 août 2017 by Carrieres Patrimoine

Voici la suite de la visite de la Carrière des Américains. Un site extraordinaire qui nous transporte un siècle en arrière. Cette dernière partie est consacrée à la période américaine du site.

Représentation d’un navire. Il pourrait s’agir de celui qui a transporté l’auteur de la gravure depuis les Etats-Unis vers l’Europe.


 

Plaque commémorative consacrée à Stubby, le chien de guerre le plus décoré de la Première Guerre mondiale et le seul à avoir été promu sergent au combat.

Voici ce que l’on peut lire au sujet du Sergent Stubby sur wikipedia.

Stubby a été trouvé sur le campus de l’université Yale en 1917 par John Robert Conroy. Son nom en anglais signifie « trapu » ou « courtaud ». Son pedigree est inconnu ; quelques sources indiquent qu’il était peut-être en partie terrier de Boston, tandis que sa nécrologie le décrit comme un Bull Terrier (à l’époque synonyme de American Pit Bull Terrier et Pit Bull[réf. nécessaire]). Stubby défila avec J. Conroy et apprit même un petit salut approximatif. Quand l’unité de Conroy fut envoyée en France à la suite de l’entrée des États-Unis dans la Première Guerre mondiale, Stubby monta clandestinement à bord du USS Minnesota.

Stubby servit dix-huit mois dans le 102e régiment d’infanterie de la 26e division d’infanterie (Yankee), dans les tranchées du nord de la France, participant à quatre offensives et à dix-sept batailles. Il entra dans les combats le 5 février 1918 au chemin des Dames au nord de Soissons (dans le secteur de Pargny-Filain et Chavignon) et fut constamment sous les bombardements, jour et nuit, pendant plus d’un mois.

Au mois de mars suivant, la 26e division est envoyée dans le secteur de Saint-Mihiel. C’est là que le 20 avril 1918, pendant une attaque pour reprendre Seicheprey (Meurthe-et-Moselle), il fut blessé à la patte avant par les grenades des Allemands en retraite. Il fut envoyé à l’arrière des tranchées, où il put guérir tout en améliorant le moral de ceux autour de lui. Une fois guéri, il retourna dans les tranchées. Après avoir survécu à une attaque au gaz, Stubby apprit à prévenir son unité d’attaques imminentes au gaz. Il trouva des soldats blessés dans le no man’s land et prévenait les soldats de l’arrivée des obus car il pouvait les entendre. Il est seul responsable de la capture d’un espion allemand dans l’Argonne, ce qui lui valut la promotion au grade de sergent par le commandant de la 102e division d’infanterie, devenant le premier chien gradé de l’armée des États-Unis. Après la prise de Château-Thierry par les Américains, des femmes de la ville lui confectionnèrent un petit manteau en chamois sur lequel étaient attachées ses nombreuses médailles. Une légende dit qu’il sauva la vie d’une jeune fille à Paris qui allait être écrasée par une voiture. À la fin de la guerre, J. Conroy refit monter clandestinement Stubby dans le navire qui les emmenait chez eux.

 

« 1st platoon. company C. Signal Corps. 101st Field Battalion. February 1918. LIEUT Freoh Jones Comnoc. Corps Harry A Brown. Boston Massachussetts USA »

 

Drawn and carved by E.E. Davis 101 Inf

Score d’une partie de base ball. Red Socks de Boston

Les soldats ont également représenté divers animaux familiers.

Co 7 101 INF.
Une vache reconnaissable à ses pis.

Cock Schuerer CO I 102nd US INF
Canard ou oie ?

Cheval harnaché

 

Animalisation de l’ennemi. La tête surmontée du casque à pointe est en relief tandis que les détails ont été dessinés au crayon noir. Contrairement aux représentations précédentes, il ne s’agit pas là de montrer un animal familier mais de caricaturer l’ennemi.

 

Représentation de la Belgique personnalisée par une femme enchaînée et soumise à l’Allemagne. Cette oeuvre a été très fortement dégradée par la réalisation d’un moulage qui a laissé des traces noires sur les creux et les reliefs et effacé une partie des dessins au crayon.

Les indiens ou  « native americans »

Cette superbe tête d’indien à la coiffe en plumes a subi le même sort…

 

HARTFORD CONNECTICUT Corp … GREENE CO K 102nd USA

Corp est l’abréviation de corporal, c’est-à-dire caporal d’infanterie. Hartford est la capitale de l’état du Connecticut dont le 102 ème régiment d’infanterie. La mascotte du régiment est le sergent Stubby.

Petite tête d’indien gravée et réhaussée de traits au crayon

 

 

 

FEB 10, 1918
CORP M.B. RUSSEL
CO E 101 US INF
47 DACIA ST
ROXBURY MASS
USA

JOSEPH MILLER
42 PLANTATION ST
WORCESTER MASS

et voici 42 PLANTATION ST aujourd’hui.

CORP. JOSEPH PAPALLO CO I 102 US INF WOODLAND STREET MERIDEN CONNECTICUT

  ARNOLD G COX Co C CORK IRE
CORP JP KNOX Co E US INF
Harpe irlandaise.

 

 

AUTO-RIFLE SQUAD
2nd PLATOON
Co E 101st US INF
Corp A E Blodgitt
Edward J Lable Melvin C Lane
Francis E Lombard Harold F Lombard
Michael J Hamon Hourland Carl B
Patrick J Joyce Esq.

Alfred Swanson Co D 102nd USA INF 3rd March 1918

Bas relief réalisé par KING du 101è Régiment d’Infanterie US. On peut y voir un trèfle à trois feuilles ( symbole de l’Irlande lié à Saint Patrick), une croix chrétienne, un drapeau tricolore (le drapeau français) et un drapeau à bandes et étoiles (le Stars and stripes américain)

 

M.J.M. Co G 101st US INF FEB 22   M.J. MAL35 Wave Ave WAKEFIELD MASS

 

R.A. Best Co E 101st

Saluons ici le travail  des bénévoles qui prennent soin de ce site et ont réussi à retrouver dans des archives américaines, mises en ligne sur internet, les photos des soldats au moment de leur incorporation dans les régiments présents dans la carrière. Cela permet, un siècle après, de découvrir le visage de ceux qui ont laissé leur nom dans la pierre.

Buffalo Bill ?

L’oncle Sam, figure traditionnelle des USA

Ancien emplacement d’une oeuvre volée par des collectionneurs. Maintenant la carrière est protégée mais de nombreux autres sites sont toujours victimes de pillage.

 

Mémorial réalisé par le bénévoles qui prennent soin de la carrière.

 

Merci pour ce voyage dans le temps !

Champignons de Paris et champignonnières

Posted in Bibliographie on 11 août 2017 by Carrieres Patrimoine

En cette période estivale, nous vous proposons un peu de fraîcheur en partant à la découverte de la culture des champignons dans les anciennes carrières souterraines de Carrières-sur-Seine grâce à 2 films issus des archives de l’INA.


Outre la culture des champignons dans les galeries d’anciennes carrières, ce film muet, daté de 1912,  permet d’apercevoir le treuil d’une carrière à puits ainsi qu’un accès ressemblant à une descenderie pour les champignonnistes.

Des lieux qui font immanquablement penser aux treuils à manège utilisés par les familles Suzanne et Sarazin à Carrières-sur-Seine pour tirer la pierre de leurs carrières. Leurs descendants se rappellent encore d’avoir parcouru de tels endroits.  Aujourd’hui, ce patrimoine a en grande partie disparu. Seuls, à Eméville, Le Treuil d’Eméville et la Carrière Sarazin témoignent, dans un état de conservation exceptionnel, de l’activité et du savoir faire des carriers du siècle dernier.

 

Dans ce reportage muet de 1964 sur les champignonnières dans les carrières souterraines de Carrières-sur-Seine on assiste aux différentes étapes du travail des champignonnistes : le montage des meules, le lardage pour « ensemencer les meules avec du blanc de champignon, le gobetage avec la pelle en bois,  et enfin la cueillette à la lueur des lampes acétylènes caractéristiques des champignonnistes.

 

Pour plus d’informations, retrouvez notre article consacré à la culture des champignons en carrières.

Nous vous proposons également notre bibliographie particulière avec ces ouvrages sur les champignons et champignonnières.

Viollet le Duc et la restauration

Posted in Sorties et visites on 3 août 2017 by Carrieres Patrimoine

Cet article fait suite à la présentation de l’exposition consacrée à Viollet-le-Duc.

Le travail réalisé par Eugène Viollet-le-Duc sur la cathédrale Notre-Dame de Paris, celle d’Amiens, la basilique Saint-Sernin à Toulouse et le château de Pierrefonds (visible ci dessous) a suscité la controverse et subit de nombreuses critiques autour de la notion de restauration qui nous tient tend à coeur pour le Treuil d’Eméville.

Nous allons donc tenter de cerner à quoi correspond une restauration et par opposition à quoi elle ne doit surtout pas ressembler.

 


Etat des ruines avant « restauration »

Sur ce tableau, illustrant un rendez-vous de chasse de Napoléon III à Pierrefonds en 1863, la construction semble moins en ruine que sur la première image, mais ne ressemble en rien à la version actuelle. 

Viollet-le-Duc a réalisé un travail de réinvention plutôt qu’une véritable restauration selon les critères d’aujourd’hui. Car, à son sens, « restaurer un édifice, ce n’est pas l’entretenir, le réparer ou le refaire, c’est le rétablir dans un état complet qui peut n’avoir jamais existé à un moment donné.« 

Cette vision n’est plus du tout d’actualité. En effet, de nos jours, une restauration dans les règles de l’art se doit de respecter les conditions suivantes :

  • Rester simple : il convient de bannir toute originalité, qui mène au « faux vieux ». Restaurer doit se pratiquer avec respect et discrétion. En aucun cas, la « patte » du restaurateur, son style, ne doit transparaître dans la restauration.
  •  Ne rien faire d’irréversible : toute intervention sur le patrimoine, y compris à des fins de sauvegarde et de protection, doit permettre un retour à l’état initial.


 


Comparé à la première illustration de l’article, ce tableau montre tout le travail de (re)construction qui a été entrepris.


Vue cavalière du château de Pierrefonds en cours de restauration, Eugène Viollet-le-Duc ; 1858

 

Restaurer n’est pas rénover ni réhabiliter ni restituer.

En effet, ces trois modes d’intervention sur le patrimoine ne contribuent guère à sa mise en valeur et ne sont donc pas préconisés. Toutefois, ils interfèrent souvent avec la restauration ou la réaffectation et, à ce titre, doivent être mentionnés.

Rénover, c’est remettre à neuf un bâtiment ou un objet jugé vétuste. La rénovation peut aller jusqu’à la destruction complète de l’objet et sa reconstruction, sans souci de restauration. Cette solution est presque toujours la moins coûteuse, mais souvent est irrespectueuse de l’histoire et des techniques du bâti ancien.

Réhabiliter, c’est remettre aux normes de confort, d’hygiène et de sécurité des habitats jugés trop anciens au regard des exigences contemporaines. Or l’application stricte des règles d’urbanisme, prévues pour le bâti neuf, menace souvent l’intégrité du bâti traditionnel : surélévation de planchers, ouvertures démesurées dans les vieux murs, etc.

Restituer, c’est rétablir, remettre dans son état premier. Ce mode d’intervention aboutit souvent à une reconstruction dans un état originel qui n’a jamais existé, un état originel parfait. Cette recherche d’homogénéité entraîne la destruction de toutes les parties postérieures à la date de construction, qui font pourtant, elles aussi, partie de l’histoire du bâtiment.

Viollet-le-Duc fera pour l’intérieur du château de Pierrefonds un travail d’invention et de recréation beaucoup plus que de restauration. Il imaginera comment aurait dû être le château, sans se fonder sur l’histoire stricte de l’édifice. Et il convient de ne pas confondre la liberté d’interprétation de l’homme avec une fidèle restitution.

Pour finir sur un clin d’oeil, nous vous invitons à regarder le détail du tableau ci-dessous.


Qui aura remarqué le tailleur de pierres en plein travail au premier plan ?

Il semble affairé à découper ou sculpter un bloc de pierre mis en chantier.

 

Pour en savoir plus : Guide de valorisation du patrimoine rural, Ministère de l’Agriculture et de la Pêche, Janvier 2001

Prochain chantier au Treuil d’Eméville 17 & 18 juin 2017.

Posted in Chantier on 24 mai 2017 by Carrieres Patrimoine

Venez nous aider en découvrant un site exceptionnel et en participant à sa mise en valeur.


Mise en oeuvre traditionnelle de matériaux naturels, taille de pierre pour la restauration dans les règles de l’art d’un site remarquable. N’hésitez pas à nous contacter pour venir découvrir le travail des bénévoles et participer à un chantier associatif.

Carrière des Américains (2ème partie)

Posted in Sorties et visites on 17 mai 2017 by Carrieres Patrimoine

Après avoir évoqué les témoignages laissés par les carriers au XIXème siècle, nous vous invitons à découvrir les traces et vestiges de l’occupation des lieux par les Allemands comme par les Français. Un troisième article clôturera cette série en évoquant la période « américaine » de la carrière.

Vestiges de défenses en fils de fer barbelés dans la carrière. Ceci nous rappelle que la carrière elle-même a été un champ de bataille. Par endroit, des éclats de grenade constellent le plafond de calcaire, témoins des combats pour conquérir la carrière, galerie après galerie…

 

« Strophff Peter, Köln » (Cologne) Non daté.

 

« Errichtet 31.7.1917 » soit « créé le 31 juillet 1917 ».

Malades. Désigne un poste de soin.

 

Stahlhelm modèle 1916 ?

Stalhelm est un terme allemand signifiant littéralement « casque (Helm) d’acier (Stahl) ». Il désigne le casque en fer forgé de forme caractéristique, développé vers la fin du XVe siècle et qui sera jusqu’en 1945 le symbole du soldat allemand. On retrouve déjà sa forme dans certaines gravures d’Albrecht Dürer. Un modèle en acier fut introduit à la fin de janvier 1916 pour remplacer sur le champ de bataille le casque à pointe, fabriqué en cuir comme le modèle présenté ci-dessous.

 

Vestige de casque à pointe

Le casque à pointe de base était fait de cuir bouilli avec des renforts et une pointe en métal. A l’origine, la pointe est censée dévier sur les côtés les coups de sabre et autres armes. Recouvert d’un vernis noir, il avait des garnitures en métal blanc ou jaune selon les régiments. Le modèle intégralement métallique était destiné aux cuirassiers, et apparaît souvent sur les portraits de personnalités de haut-rang. Comme il n’offrait qu’une faible protection dans les combats de tranchée, il  fut remplacé début 1916 par le casque acier ou Stalhelm. Les cocardes, une de chaque côté au niveau de la fixation de la jugulaire, la droite étant peinte aux couleurs du Reich, la gauche aux couleurs de l’État (Land), sont de formes diverses. Les cocardes indiquent également le grade. Par exemple, pour un sous-officier, par un petit cercle métallique additionnel masquant la couleur blanche de la cocarde du Reich (source wikipedia).

Soldat allemand au casque à pointe

 

« Musketier P. Bell 4/2 (…) 1914-15 » Musketier désigne un militaire du rang dans l’infanterie allemande.

 

« II Zug. 5 Gruppe 22.4.1915 »

 

Eisernes Kreuz (Croix de fer allemande gravée en 1914 avec une couronne et le monogramme de l’empereur Guillaume II, Wilhelm en allemand)

 

« I Zug » L’inscription, elle-même au dessus d’une main indiquant une direction, est surmontée d’une Croix de fer.

 

Détail

 

« 1. Verteidigung ! » Verteidigung signifiant défense, cela pourrait être traduit comme première ligne.

 

A gauche : « Théoleyre Pierre 72 Régiment Inft 1917 »
A droite : « Landsturmmann W Schmitz 9/161 20-29 VII 1915 »

Schmitz est incorporé dans la 9è compagnie du 161ème Landsturm Regiment (Régiment territorial). Pierre Théoleyre a gravé son nom sans effacer l’inscription voisine laissée par son prédécesseur. Les 2 inscriptions voisinent depuis un siècle au ciel de la carrière pour nous rappeler les phases successives d’occupation des lieux par les Allemands puis les Français.

 

Portraits masculins et féminins

 

« L’Angleterre doit tenir et serrer les dents. Le Tigre »
Nous n’avons pas trouvé de discours de Clémenceau duquel cette citation aurait pu être extraite.

 

Profil de soldat français du 64ème Régiment d’Infanterie (cité 2 fois à l’ordre de l’armée)

Le casque Adrian M 1915, lointainement inspiré de la bourguignotte du Moyen Âge, est le casque militaire équipant les troupes françaises pendant la Première Guerre mondiale. Il fut conçu dans l’urgence quand des millions de soldats se retrouvèrent engagés dans la guerre de tranchées et que les blessures à la tête devinrent la cause d’une proportion significative des pertes sur le champ de bataille ; 77 % des blessures des Poilus étaient à la tête avant son adoption, le chiffre tombant à 22 % en 19161. Il remplaçait une cervelière (calotte d’acier portée sous la casquette ou le képi) adoptée en février 1915 et fut distribué à partir de septembre 1915. (source wikipédia)

 

« Honneur à la popote des boit sans soif »


Ce dessin, malheureusement dégradé, peut faire allusions aux « apaches », ces voyous parisiens de la « belle époque » : homme à casquette, personnage féminin, revolver, « surin » (terme d’argot désignant un couteau), coeur saignant transpercé par un poignard, coup de poing américain.

(c) Photos François chaut pour Carrières Patrimoine

Bibliographie : La guerre souterraine: Sous terre, on se bat aussi. Jérôme Triolet & Laurent Triolet, Perrin, 2011.

 

A SUIVRE

L’Echo des Carrières N°16

Posted in L'Echo des carrières on 28 avril 2017 by Carrieres Patrimoine

Au sommaire :
– L’Atelier du Carrier : les crapauds de la Carrière Sarazin
– Nos activités sorties, chantiers et Journées du Patrimoine

Retrouvez tous les numéros en ligne de l’Echo des Carrières

Carrière des Américains (1ère partie)

Posted in Sorties et visites on 26 avril 2017 by Carrieres Patrimoine

C’est par une très brumeuse matinée d’octobre que nous nous sommes rendus à proximité du village de Braye en Laonnois (Aisne)  pour visiter une carrière exceptionnelle : la carrière de Froidmont aussi appelée Creute (carrière) des Américains.

La carrière souterraine transperce le plateau du Chemin des Dames, à une dizaine de kilomètres de la célèbre Caverne du Dragon (voir notre bibliographie). Elle semble avoir été exploitée entre le Moyen Âge et 1870. Durant  la Première Guerre mondiale, comme de nombreuses autres carrières du Chemin des Dames, la carrière est occupée militairement et transformée en abri. Elle est successivement occupée par les armées allemandes, françaises et américaines.

Pour de plus amples détails historiques sur la carrière, nous vous recommandons la lecture de l’article publié sur le site Rue des lumières.

Représentation de Saint Laurent.
A ce sujet vous pouvez lire l’article de l’Association pour la Restauration et l’Étude du Patrimoine Souterrain.

 

« Au souvenir de Laurent Mullepa et de francis Mullepa son fils écrasés en cette place le 11 du mois de mai 1838. Priez Dieu pour leurs âmes »
La signature mentionne « Le graveur Lageaix, le 15 Mais »


Ce magnifique dessin commémoratif rappelle un tragique accident ayant fait 2 victimes. Les outils représentés (un pic et un taillant) peuvent laisser penser qu’il s’agissait de deux carriers.

Que ce soit par manque d’intérêt ou par respect, ce dessin a heureusement échappé à la convoitise et au vandalisme.

 

« Jacques Césaire Trutas 1839 »
Autre dessin semble-t-il commémoratif. On remarque encore des outils : pelle (?), pic et taillant.

 

Représentation d’un pic de carrier

 

« Robespierre, 1844 le 21 février »  « Pierre la flute 1881 le 22 juin »
On peut reconnaître plusieurs outils : 4 pics, un taillant, une pelle et sans doute des coins. Le personnage pousse une brouette qui devait servir à transporter les déchets de pierre.

 

Pendant la période d’exploitation de la carrière, les carriers nomment les rues et galeries creusées afin de faciliter la désignation de l’emplacement des chantiers. Les noms utilisés peuvent faire référence à un lieu, un personnage, une anecdote, ainsi pour la rue des ivrognes ou la rue du manchot. La numérotation qui accompagne les noms des rues est parfois redondante …

« RUE A LA MEULE »

« Rue de Posset »
Il existe une rue Georges Posset dans le village de Trucy à moins de 10 kilomètres de la carrière. Existe-t-il un lien de parenté entre les deux patronymes ?

 

« RUE DES IVROGNES N°17 »

 

« RUE DU MANCHOT N°16 ou des ivrognes »

 

« RUE DE LA PLAQUE N°17   09 »

 

Tableau de comptage des blocs indiquant leur numéro, leurs dimensions et enfin leur volume. Sur ce tableau, le plus petit bloc mesure 0,21 m3 tandis que le plus gros fait 2,88 m3, soit quatorze fois plus !

 

« RUE DU PARADIS N°17 »

 

« RUE ABRAN N°13 »

 

« D.B. EMILE 1867 »

 

« PRUSSIEN BRAYE 8ème jour de septembre 1870 »

 

Six jours plus tôt, soit le 2 septembre 1870, l’empereur des Français Napoléon III capitulait à Sedan face aux Prussiens. La nouvelle de la capitulation de Napoléon III est connue à Paris le 3 septembre, entraînant  la chute du Second Empire et la proclamation de la République, le 4 septembre 1870.  Le 7 septembre, les Prussiens sont entrés dans la ville de Laon qui est à une vingtaine de kilomètres de là. Si l’auteur de ce graffiti n’était pas forcément au fait de tous ces événements, il a quand même pu être marqué par le passage des Uhlans, ces fameux cavaliers prussiens armés d’une lance.

A SUIVRE

(c) Textes et photos François Chaut pour Carrières Patrimoine sauf mentions contraires.