Au fil du temps : Decauville et voies étroites dans les carrières

Posted in Au fil du temps, Evénements et médias on 17 mars 2017 by Carrieres Patrimoine

La Galerie du Front de taille de la Maison de la Pierre du Sud de l’Oise (saint Maximin) accueille

du 18 mars au 16 avril 2017

« La révolution ferroviaire dans l’Oise »

une exposition racontant l’histoire du déploiement ferroviaire dans l’Oise.

A cette occasion nous vous proposons de revenir sur l’importance de la voie ferrée dans l’exploitation des carrières et le développement de l’activité extractive.

Avant de vous présenter toute une série d’illustrations anciennes témoignant de l’usage des voies ferrées dans tous les types de carrières de l’Oise et des autres départements français, rappelons que la Carrière Sarazin est, à notre connaissance, la dernière à contenir encore sa voie étroite d’origine installée par les carriers dans les années vingt et trente. Partout ailleurs, dans des sites non préservés, le matériel a disparu, réutilisé ou vandalisé.

La Carrière Sarazin est dotée de 145 mètres de voie en 60cm de large, en trois tronçons, avec 2 plaques tournantes et un wagonnet. Le bloc à transporter était déplacé sur des roules jusqu’à un plan incliné à 5 degrés, le faux chopin, qui permettait de le faire ensuite glisser sur le lorry (wagonnet plat).

Cette voie servait à amener les blocs jusqu’au bas du puits d’extraction,sous le treuil. Les blocs transportés pesaient jusqu’à 5 tonnes ! Tout comme le lorry, les plaques tournantes à galets sont toujours opérationnelles.

Pour en apprendre un peu plus sur les origines de ce patrimoine bien à l’abri sous le Treuil d’Eméville, vous pouvez consulter notre article sur Le Decauville de la Carrière Sarazin.

Ce qui suit est un petit aperçu de l’utilisation des voies ferrées dans l’exploitation des carrières, de la voie étroite de 0,50m ou 0,60m à la voie normale de 1,435m. Le développement ferroviaire a eu un impact sur les carrières du point de vue technique, commercial et industriel. Ainsi, alors que le rail supplantait progressivement la batellerie pour le transport des pierres, les carriers de Saint Maximin ont réorganisé leur activité en direction de la voie ferrée plutôt qu’en direction de l’Oise.

 

Le transport de la pierre et des déchets d’extraction.

Carrières de Laigneville (Oise).
Les 2 wagonnets visibles sur la photo sont du même type que celui qui a été présenté dans cet article.

 

St Vaast les Mello Les carrières. (Oise)
Dans les carrières à ciel ouvert, les volumes à déplacer sont plus importants que dans les carrières souterraines : il faut préalablement enlever toute la couche de terrain située au dessus des bancs à extraire. Contrairement à la première illustration, les wagonnets sont ici tirés par 2 chevaux.

 

Euville (Meuse) – Les carrières.
Dans cette importante carrière, la traction des wagons chargés de blocs était assurée par une locomotive à vapeur.


Fèvres et Cie Carrière de la Salamandre. Puits Poupard (48 mètres).
Un pont roulant en bois permet de charger les blocs sur des lorries. Cette configuration n’est pas sans rappeler la Carrière Lefèvre à Bonneuil en Valois.

 

Exploitation des phosphates. Les phosphates sont essentiellement utilisés dans l’agriculture comme engrais.

Le gisement de phosphate d’HARDIVILLERS (Oise).
Les wagonnets sont tirés par des chevaux.

 

Extraction du sable. Les wagonnets à benne basculante sont idéaux dans ce type d’exploitation.

Villeneuve sur Verberie (Oise) – Vue de l’intérieur d’une sablière.
On aperçoit un cheval de trait devant les wagonnets.

 

Crépy en Laonnois (Aisne) – Les sablonnières de Sérival.
Une plaque tournante semble avoir été installée pour manoeuvrer les bennes et les remplir plus facilement.

 

Exploitation du gypse. Une fois cuit et broyé, le gypse devient du plâtre.Les exploitations sont aussi bien souterraines qu’à ciel ouvert.

Carrières de Villiers Adam dans le Val d’Oise.
Les wagonnets chargés de gypse sont regroupés en un train et déplacés grâce à une locomotive à vapeur.

 

Nanteuil les Meaux (Seine-et-Marne), La montagne, la carrière.
Plusieurs wagonnets en bois sont attelés.


Cormeilles en Parisis (Val d’Oise) – Usine et Carrières Lambert.
On aperçoit des wagonnets à caisse en bois sur une voie et 4 chevaux sur une autre voie. La carrière Lambert est l’une des plus grande exploitation de gypse à ciel ouvert de ce type en Europe.


Exploitation de la pierre à Chaux. La pierre à chaux désigne une qualité de calcaire qui, une fois cuit, permettra d’obtenir de la chaux. 

Castelfranc, Lot.Usines F. PERNOD et Cie.  Chaux et ciments.
Outre plusieurs wagonnets, on peut voir sur la droite une plaque tournante qui permet de raccorder les voies souterraines à la voie ou aux voies extérieures.

 

L’ardèche illustrée. Environs du Teil. Usines de Lafarge, les carrières.
Dans ce type d’exploitation industrielle, le recours à la voie ferrée est systématique.

 

Exploitation du kaolin. Le kaolin est une argile blanche, friable et réfractaire, découverte à l’origine en Chine, et servant principalement à la fabrication de la porcelaine.

Extraction du Kaolin aux environs de la Jonchère en Haute Vienne.
Le matériel utilisé ici est un wagonnet girafe.

 

Exploitation du grès. Le grès était essentiellement utilisé pour faire des pavés.

Orsay Les carrières.
Les blocs de grès étaient taillés en pavés. que l’on voit ici bien empilés sur la droite

 

Les dépôts de pierre, comme celui de la gare d’Eméville

Souppes sur Loing (Seine-et-Marne), la gare de petite vitesse.
Grâce au pont roulant les blocs sont chargés et déchargés des wagons. Le chemin de fer à « petite vitesse » est plutôt destiné au transport des marchandises.

 

Souppes (Seine-et-Marne) Le chantier des Tailleurs de Pierre dans la gare.
Plusieurs wagons chargés sont attelés sous le pont roulant. au premier plan, les tailleurs de pierre ont mis leurs blocs en chantier pour les tailler.

 

Fèvre et Cie Carrière de la « Salamandre » – Dépôt.
En regardant l’empilement de blocs, on comprend bien l’utilité du pont roulant qui enjambe la voie ferrée et le dépôt de pierres. On aperçoit d’ailleurs un wagon chargé en arrière plan.

 

St Vaast les Mello (Oise), les carrières. Il s’agit plus précisément du dépôt de pierres d’une carrière.

 

La briquetterie de Bonneuil-en-Valois (photos prêtées par un collectionneur d’Eméville)

Attelés au locotrateur diesel (plus moderne que la vapeur) les wagonnets à benne basculante permettent d’évacuer le travail des terrassiers.

 

Atelier du Carrier : le crapaud (suite)

Posted in La Carrière Sarazin on 9 mars 2017 by Carrieres Patrimoine

Crapaud n°2 dans la Carrière SARAZIN

ATELIER n.m. Terme de carrière. Lieu où travaillent les ouvriers carriers pendant qu’ils procèdent à l’extraction de la pierre en galerie souterraine.

CRAPAUD n.m. Terme de carrière. Synonyme de mécanique, c’est-à-dire treuil très puissant, manoeuvré à la main et monté sur trois roues ce qui lui assure une grande stabilité. En 1891, on parlait déjà de « treuils crapauds avec chaînes »

Cet article est une suite de la présentation des crapauds ou  treuils de la Carrière Sarazin, à Eméville.


Détail de l’arrimage du crapaud dans le pilier.
Peinture de Pierre OUALLE dans la Carrière du Clocher (Carrière MASCITTI), 1969.


Carrière SARAZIN

La chaîne passe dans un trou fait à l’aiguille dans un angle de pilier. Dans d’autres cas, c’est au milieu de la face du pilier que la chaîne est accrochée : le passage de la chaîne est alors creusé en 2 parties qui se rejoignent. Parfois aussi, la chaîne sera passée autour du pied d’un poteau solidement calé (le sommet du poteau rentre dans un trou fait au pic dans le ciel de carrière).

Le trou d’une quinzaine de centimètres de diamètre est réalisé à 50 cm de haut et à 50 cm de distance de l’angle du pilier. Il est recoupé perpendiculairement par un autre trou fait sur l’autre face du pilier avec les mêmes caractéristiques. La surface de pierre retenant la chaîne est de 0.5 m x 0.5 m = 0.25 m2.

Détail de la profondeur du trou réalisé


Arrimage du crapaud en plein milieu d’un pilier.

Comme en angle de pilier, les trous sont réalisés à une hauteur de 50 cm. Le trou de gauche mesure 70 cm de profondeur, celui de droit 80 cm et ils sont espacés d’environ 70 cm. Par conséquent, la surface de pierre ainsi délimitée est de 0.24 m2, valeur très proche de celle précédemment calculée à l’angle de pilier.

Le tracé du trou au crayon noir est encore visible


C’est grâce à l’état exceptionnel de préservation de la Carrière Sarazin que nous avons pu observer et reconstituer ces procédés. L’étude de l’implantation des trous pour chaînes et des poteaux permet de découvrir dans quel sens les galeries ont été exploitées.

Le maillon de la chaîne est passé dans la gorge du crochet


Autre vue


Crapaud n°2 dans la Carrière Sarazin

Les chaînes, comme c’est le cas dans la Carrière SARAZIN, peuvent mesurer plus de 15 m et peser une centaine de kilos ! La chaîne du crapaud n°1 mesure 15,37 m et compte 19 maillons au mètre, d’un diamètre de 20 mm chacun.

La chaîne du crapaud n°2 mesure 9,47m et celle du crapaud n°3 10,65m

Des techniques de pointe !


Pesée d’une chaîne de 3,34m

 

Traîner une telle chaîne n’est pas une mince affaire, même pour des carriers aguerris !

Le 3 septembre 1926, dans la carrière du chemin de Vez, Albéric DURAND, carrier de 57 ans, « chute pendant la traction d’une chaîne de treuil » et se plaint de « douleur dans les reins ». Le médecin prescrit « 12 à 15 jours de repos sauf complication »

(c) textes et photos François Chaut, Carrières Patrimoine. Remerciements : Eric Blondeau, Marco Lacaille et Carrière Mascitti.

Journée du Patrimoine 2016 : le bilan

Posted in Evénements et médias, La Carrière Sarazin on 9 mars 2017 by Carrieres Patrimoine

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Pour cette 12ème participation consécutive aux Journées Européennes du Patrimoine, la Carrière Sarazin a accueilli plusieurs dizaines de visiteurs venus découvrir les entrailles du Treuil d’Eméville. Merci à nos visiteurs et à leurs encouragements !

 

Installée devant le Treuil d’Eméville, notre exposition présente la vie des carrières en général et celle de la Carrière Sarazin en particulier.

Histoire de la voie Decauvile, techniques d’extraction, culture du champignon dans les carrières. Nous présentons également les activités de l’association : chantiers de restauration, études du site, visites de carrières remarquables.

La suite de la découverte a lieu sous terre, avec tout l’équipement nécessaire.

 

Une visite au temps des carriers.
Les plus curieux peuvent même s’essayer à manier les outils d’extraction pour se rendre compte des conditions de travail de l’époque.

Toute l’équipe de Carrières Patrimoine vous donne rendez-vous au Treuil d’Eméville les 16 & 17 septembre 2017 pour la prochaine édition des Journées du Patrimoine !

(c) Textes et photos François Chaut pour Carrières Patrimoine

Abris souterrains de Paris

Posted in Bibliographie on 3 février 2017 by Carrieres Patrimoine

Après les Catacombes, Gilles Thomas nous gratifie d’un nouvel ouvrage consacré cette fois çi aux Abris souterrains de Paris, Refuges oubliés de la Seconde Guerre mondiale, agrémenté des superbes photos de Diane Dufraisy-Couraud.

« Sous Paris demeurent les abris. Plus précisément ceux que la Défense passive décréta à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Plusieurs milliers, dont quelques centaines étaient équipés pour répondre à l’éventualité d’une attaque au gaz, furent ainsi aménagés dans les caves des immeubles, dans le métro ou même dans les anciennes carrières. Beaucoup ne furent pas démantelés. On en voit les traces dans de nombreuses caves et des structures plus importantes peuplent encore les espaces verts ou les sous-sols d’administrations et d’entreprises. Bien oubliés aujourd’hui, les abris souterrains restent les témoins d’heures sombres de l’histoire comme de plus glorieuses, puisque c’est depuis les profondeurs de Denfert-Rochereau qu’a été coordonnée l’insurrection libératrice d’août 1944. Une plongée fascinante dans un Paris méconnu… »

ISBN 9782373950236
13 x 18 cm
144 pages
200 photographies et documents
Date de parution : 23/03/2017

 

Gilles Thomas, incalcifiable arpenteur du Paris souterrain,  est également auteur ou co-auteur notamment des ouvrages suivants : « Les Catacombes de Paris« , « L’Atlas du Paris souterrain« , « Inscriptions des Catacombes de Paris« , « Les Catacombes Histoire du Paris souterrain« .

Les dessous de Paris

Posted in Revue de presse on 22 septembre 2016 by Carrieres Patrimoine

Les dessous de Paris

Chaque année, trente millions de visiteurs viennent découvrir les monuments de Paris. Mais les bâtiments phares sont menacés. La raison ? Près de 300 kilomètres de carrières abandonnées sillonnent le sous-sol de la capitale française. La ville est construite sur du vide. Face à ce problème de taille, les ingénieurs ne cessent d’oeuvrer pour renforcer les fondations de Paris. Zoom sur cette facette cachée à l’aide de rencontres et d’images de synthèse. Comme leurs prédécesseurs, les architectes actuels multiplient les astuces pour pouvoir toujours construire sur ce terrain peu fiable. Les défis techniques à relever sont de taille.

Une doublure creuse de la ville lumière s’étend sous la capitale. Les carrières exploitées il y a plus de 2 siècles constituent un patrimoine autant qu’une contrainte pour l’urbanisme. Parmi d’autres intervenants, nous retrouvons Gilles THOMAS, co-auteur de L’Atlas du Paris souterrain.

Si vous avez raté la première diffusion de cette émission, elle est rediffusée sur France 5 le samedi 24 septembre à 17h00.

Journées du Patrimoine, 17 & 18 septembre 2016

Posted in Evénements et médias on 2 septembre 2016 by Carrieres Patrimoine

affiche-jep-2016Pour la 12e année consécutive, Carrières Patrimoine participe au rendez-vous culturel annuel des Journées du Patrimoine qui se dérouleront les 17 & 18 septembre 2016.

Visite guidée exceptionnelle d’une ancienne carrière souterraine (la Carrière Sarazin) ouverte au public pour la seconde fois dans le cadre des Journées européennes du Patrimoine.

Découvrez un site unique dans lequel se trouve encore le matériel d’exploitation, resté dans la carrière depuis 1920 : voie Decauville, wagonnets et plaques tournantes, treuils à bras, crics, lances et aiguilles pour découper la pierre et extraire des blocs de plusieurs tonnes.

Dans la Carrière Sarazin

A 20 mètres sous terre, c’est un voyage géologique de plusieurs dizaines de millions d’années et un bond de 95 ans en arrière dans l’histoire. Accompagné d’un guide, chaque groupe de visiteurs découvre les méthodes d’extraction et le travail des carriers avec les outils d’origine. Une visite inoubliable au temps des carriers.

 

Visites organisées sur réservation uniquement, les samedi après midi et dimanche après midi.
Horaires détaillés et modalités : nous consulter.

Le Treuil d’Eméville

Le Treuil d’Eméville et la Carrière Sarazin sont les témoins exceptionnellement préservés de l’âge d’or de la pierre, avant la mécanisation systématique de l’extraction de la pierre dans les carrières. Le site est en cours de restauration afin de le remettre tel qu’il était dans les années 1920, en pleine exploitation.

Devant le Treuil qui surmonte le puits d’extraction de la carrière Sarazin, une exposition pédagoqique avec panneaux, outils, photos et diaporama 3D permet de découvrir le patrimoine constitué par les anciennes carrières souterraines et les champignonnières.

Ca se passe ICI.

Fléchage en place à partir de la Départementale 50, entre Eméville (Oise) et Haramont (Aisne), à 5 minutes de Villers-Cotterets (Aisne). Parking gratuit et accès libre.

Renseignements par email : carrieres.patrimoine@free.fr ou par téléphone : 06 85 66 25 32

(c) textes et photos Nicolas Dudot, J-S Simon, François Chaut, Carrières Patrimoine

La Fête de la pierre en images (2ème partie)

Posted in Evénements et médias on 15 août 2016 by Carrieres Patrimoine

Notre association y participe depuis l’année 2006, soit pour la 6ème fois consécutive. Nous y présentons aussi bien les activités de l’association, dont le chantier de restauration du TREUIL D’EMEVILLE, que des animations et expositions ponctuelles pour cet événement.


Le Stand Carrières Patrimoine dans la carrière de la Tranchée.

Présentation de la Carrière SARAZIN et du Treuil d’Eméville


Diffusion de photos en relief et du diaporama « protéger l’invisible consacré à Eméville et à la Carrière SARAZIN

Cette année, nous exposions des oeuvres de Misti, pastelliste talentueuse inspirée par les univers féériques et souterrains.


Ce pastel a été réalisé directement dans les carrières souterraines de Paris.

Publications de l’association, T shirts avec le logo de Carrières Patrimoine, dégustation de bière artisanale réalisée d’après une recette presque centenaire retrouvée dans un carnet de notes sur la Carrière SArazin d’Eméville : l’association offre de multiples activités pour les passionnés !

A suivre …