Prochain chantier au Treuil d’Eméville 17 & 18 juin 2017.

Posted in Chantier on 24 mai 2017 by Carrieres Patrimoine

Venez nous aider en découvrant un site exceptionnel et en participant à sa mise en valeur.


Mise en oeuvre traditionnelle de matériaux naturels, taille de pierre pour la restauration dans les règles de l’art d’un site remarquable. N’hésitez pas à nous contacter pour venir découvrir le travail des bénévoles et participer à un chantier associatif.

Carrière des Américains (2ème partie)

Posted in Sorties et visites on 17 mai 2017 by Carrieres Patrimoine

Après avoir évoqué les témoignages laissés par les carriers au XIXème siècle, nous vous invitons à découvrir les traces et vestiges de l’occupation des lieux par les Allemands comme par les Français. Un troisième article clôturera cette série en évoquant la période « américaine » de la carrière.

Vestiges de défenses en fils de fer barbelés dans la carrière. Ceci nous rappelle que la carrière elle-même a été un champ de bataille. Par endroit, des éclats de grenade constellent le plafond de calcaire, témoins des combats pour conquérir la carrière, galerie après galerie…

 

« Strophff Peter, Köln » (Cologne) Non daté.

 

« Errichtet 31.7.1917 » soit « créé le 31 juillet 1917 ».

Malades. Désigne un poste de soin.

 

Stahlhelm modèle 1916 ?

Stalhelm est un terme allemand signifiant littéralement « casque (Helm) d’acier (Stahl) ». Il désigne le casque en fer forgé de forme caractéristique, développé vers la fin du XVe siècle et qui sera jusqu’en 1945 le symbole du soldat allemand. On retrouve déjà sa forme dans certaines gravures d’Albrecht Dürer. Un modèle en acier fut introduit à la fin de janvier 1916 pour remplacer sur le champ de bataille le casque à pointe, fabriqué en cuir comme le modèle présenté ci-dessous.

 

Vestige de casque à pointe

Le casque à pointe de base était fait de cuir bouilli avec des renforts et une pointe en métal. A l’origine, la pointe est censée dévier sur les côtés les coups de sabre et autres armes. Recouvert d’un vernis noir, il avait des garnitures en métal blanc ou jaune selon les régiments. Le modèle intégralement métallique était destiné aux cuirassiers, et apparaît souvent sur les portraits de personnalités de haut-rang. Comme il n’offrait qu’une faible protection dans les combats de tranchée, il  fut remplacé début 1916 par le casque acier ou Stalhelm. Les cocardes, une de chaque côté au niveau de la fixation de la jugulaire, la droite étant peinte aux couleurs du Reich, la gauche aux couleurs de l’État (Land), sont de formes diverses. Les cocardes indiquent également le grade. Par exemple, pour un sous-officier, par un petit cercle métallique additionnel masquant la couleur blanche de la cocarde du Reich (source wikipedia).

Soldat allemand au casque à pointe

 

« Musketier P. Bell 4/2 (…) 1914-15 » Musketier désigne un militaire du rang dans l’infanterie allemande.

 

« II Zug. 5 Gruppe 22.4.1915 »

 

Eisernes Kreuz (Croix de fer allemande gravée en 1914 avec une couronne et le monogramme de l’empereur Guillaume II, Wilhelm en allemand)

 

« I Zug » L’inscription, elle-même au dessus d’une main indiquant une direction, est surmontée d’une Croix de fer.

 

Détail

 

« 1. Verteidigung ! » Verteidigung signifiant défense, cela pourrait être traduit comme première ligne.

 

A gauche : « Théoleyre Pierre 72 Régiment Inft 1917 »
A droite : « Landsturmmann W Schmitz 9/161 20-29 VII 1915 »

Schmitz est incorporé dans la 9è compagnie du 161ème Landsturm Regiment (Régiment territorial). Pierre Théoleyre a gravé son nom sans effacer l’inscription voisine laissée par son prédécesseur. Les 2 inscriptions voisinent depuis un siècle au ciel de la carrière pour nous rappeler les phases successives d’occupation des lieux par les Allemands puis les Français.

 

Portraits masculins et féminins

 

« L’Angleterre doit tenir et serrer les dents. Le Tigre »
Nous n’avons pas trouvé de discours de Clémenceau duquel cette citation aurait pu être extraite.

 

Profil de soldat français du 64ème Régiment d’Infanterie (cité 2 fois à l’ordre de l’armée)

Le casque Adrian M 1915, lointainement inspiré de la bourguignotte du Moyen Âge, est le casque militaire équipant les troupes françaises pendant la Première Guerre mondiale. Il fut conçu dans l’urgence quand des millions de soldats se retrouvèrent engagés dans la guerre de tranchées et que les blessures à la tête devinrent la cause d’une proportion significative des pertes sur le champ de bataille ; 77 % des blessures des Poilus étaient à la tête avant son adoption, le chiffre tombant à 22 % en 19161. Il remplaçait une cervelière (calotte d’acier portée sous la casquette ou le képi) adoptée en février 1915 et fut distribué à partir de septembre 1915. (source wikipédia)

 

« Honneur à la popote des boit sans soif »


Ce dessin, malheureusement dégradé, peut faire allusions aux « apaches », ces voyous parisiens de la « belle époque » : homme à casquette, personnage féminin, revolver, « surin » (terme d’argot désignant un couteau), coeur saignant transpercé par un poignard, coup de poing américain.

(c) Photos François chaut pour Carrières Patrimoine

Bibliographie : La guerre souterraine: Sous terre, on se bat aussi. Jérôme Triolet & Laurent Triolet, Perrin, 2011.

 

A SUIVRE

L’Echo des Carrières N°16

Posted in L'Echo des carrières on 28 avril 2017 by Carrieres Patrimoine

Au sommaire :
– L’Atelier du Carrier : les crapauds de la Carrière Sarazin
– Nos activités sorties, chantiers et Journées du Patrimoine

Retrouvez tous les numéros en ligne de l’Echo des Carrières

Carrière des Américains (1ère partie)

Posted in Sorties et visites on 26 avril 2017 by Carrieres Patrimoine

C’est par une très brumeuse matinée d’octobre que nous nous sommes rendus à proximité du village de Braye en Laonnois (Aisne)  pour visiter une carrière exceptionnelle : la carrière de Froidmont aussi appelée Creute (carrière) des Américains.

La carrière souterraine transperce le plateau du Chemin des Dames, à une dizaine de kilomètres de la célèbre Caverne du Dragon (voir notre bibliographie). Elle semble avoir été exploitée entre le Moyen Âge et 1870. Durant  la Première Guerre mondiale, comme de nombreuses autres carrières du Chemin des Dames, la carrière est occupée militairement et transformée en abri. Elle est successivement occupée par les armées allemandes, françaises et américaines.

Pour de plus amples détails historiques sur la carrière, nous vous recommandons la lecture de l’article publié sur le site Rue des lumières.

Représentation de Saint Laurent.
A ce sujet vous pouvez lire l’article de l’Association pour la Restauration et l’Étude du Patrimoine Souterrain.

 

« Au souvenir de Laurent Mullepa et de francis Mullepa son fils écrasés en cette place le 11 du mois de mai 1838. Priez Dieu pour leurs âmes »
La signature mentionne « Le graveur Lageaix, le 15 Mais »


Ce magnifique dessin commémoratif rappelle un tragique accident ayant fait 2 victimes. Les outils représentés (un pic et un taillant) peuvent laisser penser qu’il s’agissait de deux carriers.

Que ce soit par manque d’intérêt ou par respect, ce dessin a heureusement échappé à la convoitise et au vandalisme.

 

« Jacques Césaire Trutas 1839 »
Autre dessin semble-t-il commémoratif. On remarque encore des outils : pelle (?), pic et taillant.

 

Représentation d’un pic de carrier

 

« Robespierre, 1844 le 21 février »  « Pierre la flute 1881 le 22 juin »
On peut reconnaître plusieurs outils : 4 pics, un taillant, une pelle et sans doute des coins. Le personnage pousse une brouette qui devait servir à transporter les déchets de pierre.

 

Pendant la période d’exploitation de la carrière, les carriers nomment les rues et galeries creusées afin de faciliter la désignation de l’emplacement des chantiers. Les noms utilisés peuvent faire référence à un lieu, un personnage, une anecdote, ainsi pour la rue des ivrognes ou la rue du manchot. La numérotation qui accompagne les noms des rues est parfois redondante …

« RUE A LA MEULE »

« Rue de Posset »
Il existe une rue Georges Posset dans le village de Trucy à moins de 10 kilomètres de la carrière. Existe-t-il un lien de parenté entre les deux patronymes ?

 

« RUE DES IVROGNES N°17 »

 

« RUE DU MANCHOT N°16 ou des ivrognes »

 

« RUE DE LA PLAQUE N°17   09 »

 

Tableau de comptage des blocs indiquant leur numéro, leurs dimensions et enfin leur volume. Sur ce tableau, le plus petit bloc mesure 0,21 m3 tandis que le plus gros fait 2,88 m3, soit quatorze fois plus !

 

« RUE DU PARADIS N°17 »

 

« RUE ABRAN N°13 »

 

« D.B. EMILE 1867 »

 

« PRUSSIEN BRAYE 8ème jour de septembre 1870 »

 

Six jours plus tôt, soit le 2 septembre 1870, l’empereur des Français Napoléon III capitulait à Sedan face aux Prussiens. La nouvelle de la capitulation de Napoléon III est connue à Paris le 3 septembre, entraînant  la chute du Second Empire et la proclamation de la République, le 4 septembre 1870.  Le 7 septembre, les Prussiens sont entrés dans la ville de Laon qui est à une vingtaine de kilomètres de là. Si l’auteur de ce graffiti n’était pas forcément au fait de tous ces événements, il a quand même pu être marqué par le passage des Uhlans, ces fameux cavaliers prussiens armés d’une lance.

A SUIVRE

(c) Textes et photos François Chaut pour Carrières Patrimoine sauf mentions contraires.

Visite guidée des Carrières de Vassens

Posted in Sorties et visites on 27 mars 2017 by Carrieres Patrimoine

C’est le 9 juillet 2016 que nous avons eu le plaisir de faire la visite des Carrières de Vassens (Aisne).

A cette occasion nous avons été accompagnés par M. Roger Lemaire, ancien directeur technique des Carrières de Vassens, qui nous a fait revivre l’âge d’or de cette carrière durant les Trente Glorieuses. Pour plus de détails, retrouvez notre article consacré à la pierre de Vassens et Saint Pierre Aigle.

« Mon premier métier et ma passion : la pierre de construction pour réaliser des bâtiments de standing, des immeubles collectifs, des restaurations diverses (ponts de Paris, Orangerie du château de Versailles, etc), des cheminées d’intérieur, des sols en pierres dures et marbres »

Une grande partie du témoignage de M Lemaire a été filmée et fera l’objet d’une présentation ultérieure, après montage.

Présentation d’un outil commercial d’époque : les échantillons des pierres commercialisées par les Carrières de Vassens

Présentation schématique de l’extraction au front de taille.L’extraction se fait sur 4 blocs de large.

On commence par extraire le four, afin de créer un vide qui permettra de dégager plus facilement les blocs au dessus. Ce bloc tiroir est extrait par haveuse horizontale à 2 bras parallèles, par forage et par éclatement avec des coins en bois(pour la face arrière).

On cale ensuite les 4 blocs bruts non coupés en face arrière pour éviter qu’ils s’arrachent inopinément. Le bloc de gauche, le 1er de la série, est cassé en fond de masse en utilisant des coins en bois. Une haveuse verticale est alors introduite dans le vide ainsi créé. elle permettra de découper la face arrière des blocs 2, 3 et 4.

 

Montage d’une haveuse sur un front de taille.

Plan des Carrières de Vassens.

A la fin des années soixante, ce sont 70 000 m3 de blocs bruts qui sortaient annuellement de la carrière.  A la même époque, à Bonneuil-en-Valois, la Carrière du Clocher produisait 5 000 à 6 000 m3 par an. (Source Pierre NOEL, Les carrières françaises de pierre de taille, 1970)

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Photographies de l’ancien atelier de taille des blocs

  Chargement des blocs sur un camion pour livraison au chantier

 

M. Didier Ferdinand nous a guidé dans la carrière qu’il protège des dégradations depuis plusieurs années. Il en connaît par coeur les 200 km de galeries. Un travail considérable a été entrepris, grâce à un propriétaire respectueux.

« Monsieur Carnot
Président de la R-F
assassiné à Lyon le 24 juin 1874
par
Casério Galvalin »

Reconstitution de l’assassinat du président Carnot à la une du Petit Journal du 2 juillet 1874.
Les illustrateurs ont fait les beaux jours de ces publications. Ces couvertures avaient un énorme impact sur les lecteurs. Le dessin était un moyen bien pratique de montrer un événement qui n’avait pas ou n’aurait jamais pû être photographié. Avec l’avènement de la photographie de presse, les couvertures spectaculaires de ce genre ont peu à peu disparu.

« Dans un contexte d’agitation syndicale et anarchiste (une partie des lois relatives à la liberté individuelle et aux délits de presse visant à réprimer cette agitation, qualifiées de lois scélérates par l’opposition socialiste, venaient d’être votées), Sadi Carnot, président de la République depuis 1887, était particulièrement haï dans les rangs anarchistes pour avoir refusé la grâce d’Auguste Vaillant, guillotiné le 5 février 1894 pour l’attentat à la Chambre des députés du 9 décembre 1893. « (source Wikipédia)

« En déplacement à Lyon, alors que Sadi Carnot salue la foule massée de chaque côté de la rue et que la voiture présidentielle, décapotée, s’engage rue de la République, l’anarchiste italien Sante Geronimo Caserio monte sur le marche-pieds et blesse mortellement d’un coup de poignard le président, en le frappant au foie à l’aide d’un couteau au manche bombé présentant une lame damasquinée de 16,5 centimètres . Le président s’effondre en arrière sur le siège, portant la main sur sa blessure et prononçant « Je suis blessé ». Après cet acte, l’assassin n’essaie pas de fuir, mais court autour de la voiture du moribond en criant « Vive la Révolution » puis « Vive l’anarchie » avant d’être immobilisé et arrêté. Le député Gaston Doumergue, futur président de la République, est témoin de la scène. » (source Wikipédia)

Soldat à la pipe

« heures de travail     Matin de 7h à 11h    Soir de 14h à 18h »

Le site des Carrières de Vassens est sous surveillance pour le protéger des ravages commis par des visiteurs clandestins. Les seules visites possibles se font en prenant rendez-vous : dferdinand@orange.fr.

 

Bibliographie : Les souterrains de l’Aisne

Remerciements : M. Roger Lemaire, M. Didier Ferdinand.

 

 

Au fil du temps : Decauville et voies étroites dans les carrières

Posted in Au fil du temps, Evénements et médias on 17 mars 2017 by Carrieres Patrimoine

La Galerie du Front de taille de la Maison de la Pierre du Sud de l’Oise (saint Maximin) accueille

du 18 mars au 16 avril 2017

« La révolution ferroviaire dans l’Oise »

une exposition racontant l’histoire du déploiement ferroviaire dans l’Oise.

A cette occasion nous vous proposons de revenir sur l’importance de la voie ferrée dans l’exploitation des carrières et le développement de l’activité extractive.

Avant de vous présenter toute une série d’illustrations anciennes témoignant de l’usage des voies ferrées dans tous les types de carrières de l’Oise et des autres départements français, rappelons que la Carrière Sarazin est, à notre connaissance, la dernière à contenir encore sa voie étroite d’origine installée par les carriers dans les années vingt et trente. Partout ailleurs, dans des sites non préservés, le matériel a disparu, réutilisé ou vandalisé.

La Carrière Sarazin est dotée de 145 mètres de voie en 60cm de large, en trois tronçons, avec 2 plaques tournantes et un wagonnet. Le bloc à transporter était déplacé sur des roules jusqu’à un plan incliné à 5 degrés, le faux chopin, qui permettait de le faire ensuite glisser sur le lorry (wagonnet plat).

Cette voie servait à amener les blocs jusqu’au bas du puits d’extraction,sous le treuil. Les blocs transportés pesaient jusqu’à 5 tonnes ! Tout comme le lorry, les plaques tournantes à galets sont toujours opérationnelles.

Pour en apprendre un peu plus sur les origines de ce patrimoine bien à l’abri sous le Treuil d’Eméville, vous pouvez consulter notre article sur Le Decauville de la Carrière Sarazin.

Ce qui suit est un petit aperçu de l’utilisation des voies ferrées dans l’exploitation des carrières, de la voie étroite de 0,50m ou 0,60m à la voie normale de 1,435m. Le développement ferroviaire a eu un impact sur les carrières du point de vue technique, commercial et industriel. Ainsi, alors que le rail supplantait progressivement la batellerie pour le transport des pierres, les carriers de Saint Maximin ont réorganisé leur activité en direction de la voie ferrée plutôt qu’en direction de l’Oise.

 

Le transport de la pierre et des déchets d’extraction.

Carrières de Laigneville (Oise).
Les 2 wagonnets visibles sur la photo sont du même type que celui qui a été présenté dans cet article.

 

St Vaast les Mello Les carrières. (Oise)
Dans les carrières à ciel ouvert, les volumes à déplacer sont plus importants que dans les carrières souterraines : il faut préalablement enlever toute la couche de terrain située au dessus des bancs à extraire. Contrairement à la première illustration, les wagonnets sont ici tirés par 2 chevaux.

 

Euville (Meuse) – Les carrières.
Dans cette importante carrière, la traction des wagons chargés de blocs était assurée par une locomotive à vapeur.


Fèvres et Cie Carrière de la Salamandre. Puits Poupard (48 mètres).
Un pont roulant en bois permet de charger les blocs sur des lorries. Cette configuration n’est pas sans rappeler la Carrière Lefèvre à Bonneuil en Valois.

 

Exploitation des phosphates. Les phosphates sont essentiellement utilisés dans l’agriculture comme engrais.

Le gisement de phosphate d’HARDIVILLERS (Oise).
Les wagonnets sont tirés par des chevaux.

 

Extraction du sable. Les wagonnets à benne basculante sont idéaux dans ce type d’exploitation.

Villeneuve sur Verberie (Oise) – Vue de l’intérieur d’une sablière.
On aperçoit un cheval de trait devant les wagonnets.

 

Crépy en Laonnois (Aisne) – Les sablonnières de Sérival.
Une plaque tournante semble avoir été installée pour manoeuvrer les bennes et les remplir plus facilement.

 

Exploitation du gypse. Une fois cuit et broyé, le gypse devient du plâtre.Les exploitations sont aussi bien souterraines qu’à ciel ouvert.

Carrières de Villiers Adam dans le Val d’Oise.
Les wagonnets chargés de gypse sont regroupés en un train et déplacés grâce à une locomotive à vapeur.

 

Nanteuil les Meaux (Seine-et-Marne), La montagne, la carrière.
Plusieurs wagonnets en bois sont attelés.


Cormeilles en Parisis (Val d’Oise) – Usine et Carrières Lambert.
On aperçoit des wagonnets à caisse en bois sur une voie et 4 chevaux sur une autre voie. La carrière Lambert est l’une des plus grande exploitation de gypse à ciel ouvert de ce type en Europe.


Exploitation de la pierre à Chaux. La pierre à chaux désigne une qualité de calcaire qui, une fois cuit, permettra d’obtenir de la chaux. 

Castelfranc, Lot.Usines F. PERNOD et Cie.  Chaux et ciments.
Outre plusieurs wagonnets, on peut voir sur la droite une plaque tournante qui permet de raccorder les voies souterraines à la voie ou aux voies extérieures.

 

L’ardèche illustrée. Environs du Teil. Usines de Lafarge, les carrières.
Dans ce type d’exploitation industrielle, le recours à la voie ferrée est systématique.

 

Exploitation du kaolin. Le kaolin est une argile blanche, friable et réfractaire, découverte à l’origine en Chine, et servant principalement à la fabrication de la porcelaine.

Extraction du Kaolin aux environs de la Jonchère en Haute Vienne.
Le matériel utilisé ici est un wagonnet girafe.

 

Exploitation du grès. Le grès était essentiellement utilisé pour faire des pavés.

Orsay Les carrières.
Les blocs de grès étaient taillés en pavés. que l’on voit ici bien empilés sur la droite

 

Les dépôts de pierre, comme celui de la gare d’Eméville

Souppes sur Loing (Seine-et-Marne), la gare de petite vitesse.
Grâce au pont roulant les blocs sont chargés et déchargés des wagons. Le chemin de fer à « petite vitesse » est plutôt destiné au transport des marchandises.

 

Souppes (Seine-et-Marne) Le chantier des Tailleurs de Pierre dans la gare.
Plusieurs wagons chargés sont attelés sous le pont roulant. au premier plan, les tailleurs de pierre ont mis leurs blocs en chantier pour les tailler.

 

Fèvre et Cie Carrière de la « Salamandre » – Dépôt.
En regardant l’empilement de blocs, on comprend bien l’utilité du pont roulant qui enjambe la voie ferrée et le dépôt de pierres. On aperçoit d’ailleurs un wagon chargé en arrière plan.

 

St Vaast les Mello (Oise), les carrières. Il s’agit plus précisément du dépôt de pierres d’une carrière.

 

La briquetterie de Bonneuil-en-Valois (photos prêtées par un collectionneur d’Eméville)

Attelés au locotrateur diesel (plus moderne que la vapeur) les wagonnets à benne basculante permettent d’évacuer le travail des terrassiers.

 

Atelier du Carrier : le crapaud (suite)

Posted in La Carrière Sarazin on 9 mars 2017 by Carrieres Patrimoine

Crapaud n°2 dans la Carrière SARAZIN

ATELIER n.m. Terme de carrière. Lieu où travaillent les ouvriers carriers pendant qu’ils procèdent à l’extraction de la pierre en galerie souterraine.

CRAPAUD n.m. Terme de carrière. Synonyme de mécanique, c’est-à-dire treuil très puissant, manoeuvré à la main et monté sur trois roues ce qui lui assure une grande stabilité. En 1891, on parlait déjà de « treuils crapauds avec chaînes »

Cet article est une suite de la présentation des crapauds ou  treuils de la Carrière Sarazin, à Eméville.


Détail de l’arrimage du crapaud dans le pilier.
Peinture de Pierre OUALLE dans la Carrière du Clocher (Carrière MASCITTI), 1969.


Carrière SARAZIN

La chaîne passe dans un trou fait à l’aiguille dans un angle de pilier. Dans d’autres cas, c’est au milieu de la face du pilier que la chaîne est accrochée : le passage de la chaîne est alors creusé en 2 parties qui se rejoignent. Parfois aussi, la chaîne sera passée autour du pied d’un poteau solidement calé (le sommet du poteau rentre dans un trou fait au pic dans le ciel de carrière).

Le trou d’une quinzaine de centimètres de diamètre est réalisé à 50 cm de haut et à 50 cm de distance de l’angle du pilier. Il est recoupé perpendiculairement par un autre trou fait sur l’autre face du pilier avec les mêmes caractéristiques. La surface de pierre retenant la chaîne est de 0.5 m x 0.5 m = 0.25 m2.

Détail de la profondeur du trou réalisé


Arrimage du crapaud en plein milieu d’un pilier.

Comme en angle de pilier, les trous sont réalisés à une hauteur de 50 cm. Le trou de gauche mesure 70 cm de profondeur, celui de droit 80 cm et ils sont espacés d’environ 70 cm. Par conséquent, la surface de pierre ainsi délimitée est de 0.24 m2, valeur très proche de celle précédemment calculée à l’angle de pilier.

Le tracé du trou au crayon noir est encore visible


C’est grâce à l’état exceptionnel de préservation de la Carrière Sarazin que nous avons pu observer et reconstituer ces procédés. L’étude de l’implantation des trous pour chaînes et des poteaux permet de découvrir dans quel sens les galeries ont été exploitées.

Le maillon de la chaîne est passé dans la gorge du crochet


Autre vue


Crapaud n°2 dans la Carrière Sarazin

Les chaînes, comme c’est le cas dans la Carrière SARAZIN, peuvent mesurer plus de 15 m et peser une centaine de kilos ! La chaîne du crapaud n°1 mesure 15,37 m et compte 19 maillons au mètre, d’un diamètre de 20 mm chacun.

La chaîne du crapaud n°2 mesure 9,47m et celle du crapaud n°3 10,65m

Des techniques de pointe !


Pesée d’une chaîne de 3,34m

 

Traîner une telle chaîne n’est pas une mince affaire, même pour des carriers aguerris !

Le 3 septembre 1926, dans la carrière du chemin de Vez, Albéric DURAND, carrier de 57 ans, « chute pendant la traction d’une chaîne de treuil » et se plaint de « douleur dans les reins ». Le médecin prescrit « 12 à 15 jours de repos sauf complication »

(c) textes et photos François Chaut, Carrières Patrimoine. Remerciements : Eric Blondeau, Marco Lacaille et Carrière Mascitti.