Monde souterrain (Exposition photographique)

Posted in Evénements et médias, Sorties et visites on 11 janvier 2010 by Carrieres Patrimoine

Pour bien commencer cette année, nous vous recommandons cette exposition photographique réalisée par des personnes que nous connaissons bien :

« MONDE SOUTERRAIN : pierre, eau, lumière »
du 19 au 29 janvier 2010

Cette exposition présentera de nouvelles images des mondes souterrains présents en Ile-de-France et à sa périphérie. Trois thèmes artistiques y seront dévelopés : l’eau, la pierre et la lumière.

Centre culturel des Finances 143 rue de Bercy 75012 PARIS

Horaires en entrée directe

  • lundi-jeudi-vendredi 17H45 – 20H00
  • Mardi 17H00 – 20H00
  • mercredi 14H00 – 20H00

Remarque : en dehors de ces horaires vous passez quand même accéder à l’exposition par le portillon de contrôle du ministère des finances sur présentation d’une pièce d’identité.

Accès : Métro bercy ou gare de Lyon et bus 24 ou 87


Cliquez sur l’image pour accéder au site internet

Les photos du vernissage


Le photographe, Yannick GRAIN, en train de présenter l’exposition et sa passion pour les souterrains


De nombreux panneaux fournissent des explications sur les sujets photographiés,
alliant la pédagogie au travail de la lumière.


Une bonne centaine de personnes ont fait le déplacement pour le vernissage, parfois en famille !


Un photographe heureux !

Bonne année 2010 !

Posted in La Carrière Sarazin on 1 janvier 2010 by Carrieres Patrimoine

Tous les membres de l’association Carrières Patrimoine vous adresse leurs meilleurs voeux pour cette nouvelle année !

Fouille de dégagement d’un bloc

Posted in Chantier, La Carrière Sarazin on 25 décembre 2009 by Carrieres Patrimoine

JOYEUX NOEL A TOUS !

nous vousproposons de revenir quelques semaines en arrière, avant la neige et le froid pour vous présenter le résultat de nos fouilles.

Au printemps 2007, les travaux de terrassement réalisés grâce à l’aide de la société COTTE INDUSTRIE avaient pour but de niveler l’espace entre le puits d’extraction et le chemin de Longpré.

Nous avions bien pris garde à préserver la partie de la forme (le quai de chargement) la plus proche du puits. Les fouilles n’ont malheureusement pas permis de trouver de traces de fondations du quai de chargement.

Faut-il en déduire que la forme était beaucoup plus longue et que sa base a été détruite par la remise en culture qui a rogné sur la parcelle du treuil ? Le seul témoignage en ce sens présente tant d’incohérences et de contradictions qu’on ne peut y accorder sérieusement crédit.

En revanche, les travaux avaient révélé la présence d’un bloc de pierre tendre enfoui dans le cran qui couvre le sol devant le puits à l’endroit supposé du quai de chargement.


Vue du bloc affleurant le sol

A ce moment là, nous ignorons encore sur quelle profondeur nous allons devoir creuser pour dégager le bloc.

Le bloc est dégagé, nous avons creusé une cinquantaine de centimètres jusqu’à retrouver la terre, sensiblement au même niveau que le champ voisin.

La pluie menaçait et nous avons déployé une tente au dessus du bloc pour continuer à travailler au sec.


Les arêtes du bloc sont bien visibles

Ce bloc était entouré à sa base de moellons en pierre dure, sans doute destinés à le caler.

Les bons vieux outils : nous utilisons encore une fois du matériel de carrier, à savoir le cric COQUART qui servait autrefois dans la carrière du Chemin de Vez.

Ce bloc de pierre tendre mesure 2.35m dans sa plus grande longueur, 1.20m sur son côté gauche et 0.90m sur son côté droit.

Ce bloc provient directement de la carrière : il porte encore des traces de lance (correspondant à la phase d’extraction du bloc) et des traces de marteau taillant (correspondant au dressage d’une face du bloc).

On peut donc supposer qu’il a été extrait au début de l’exploitation et déposé là pour servir de base au quai de chargement. Il se situe à exactement 7.50m de la margelle du puits.

Le bloc est parfaitement aligné dans l’axe du puits et de la forme

Face principale, orientée vers le puits du Treuil


Côté gauche du bloc, rectifié au marteau taillant

Les traces de lance sont bien visibles, tout comme la plumée en bordure de bloc

Lorsque la face inférieure du bloc sera visible, nous pourrons peut-être observer de nouvelles traces d’extraction ou de taille, voire une inscription avec le numéro ou les dimensions du bloc …

Parmi les déblais creusés pour dégage le bloc, nous avons recueilli deux objets qui, si l’on à l’endroit où ils ont été trouvés, devaient être là lors de la réalisation du quai de chargement.


Petite bouteille avec mention LE DIABLE.
S’agit-il d’un tonifiant ?


Fond de bouteille portant la mention SOURCE HEPAR

L’histoire d’Hépar, riche en magnésium, est très liée à celle de Vittel. Avec l’essor du thermalisme à Vittel dans les années 30, elle se commercialise en bouteilles de verre pour permettre aux curistes de prolonger les bienfaits de leur cure à domicile.

Sortie en Picardie

Posted in Sorties et visites on 13 décembre 2009 by Carrieres Patrimoine

La terre de Picardie a été l’un des grand théâtres d’opérations de la première Guerre Mondiale. Presque un Siècle après, elle en porte encore les traces, telles ces tranchées creusées à flanc de colline dont on peut encore suivre le tracé en zig zag.

Impossible de ne pas penser au calvaire de ceux qui ont vécu ici, dans le froid et la boue, en compagnie des rats, dans la crainte permanente des bombardements. Les carrières offraient un abri qui pouvait tout aussi bien se transformer en piège en cas d’effondrement du ciel.

La visite de cette carrière nous a fait oublier pour un instant nos observations habituellement consacrées au caractère technique et industriel de l’exploitation de la pierre.

Ce voyage dans un univers abandonné et ravagé, au rythme des vestiges que nos lampes éclairent, nous a laissé un souvenir particulier.

 


La carrière présente de nombreux désordres. A gauche, on aperçoit les morceaux de ciel tombé. L’étai en bois est d’époque! 


Les chercheurs de trésors ont laissé ce qui ne les intéressait pas. 


Vestige de grenage à manche 


Vestiges de grenades à manche 


Gravure allemande 


Dessin représentant soldat allemand avec son casque à pointe 

 


Inscription en allemand 


Attention DANGER 

 


Vestige de vaisselle 


Vestige de lampe acétylène.
On distingue encore le pointeau en laiton sur le réservoir d’eau !
 

 


Une bouteille de Cognac ? 


Fil de fer barbelé
 


Une jolie surprise … 


ce superbe dessin polychrome (noir, rouge et jaune) représentant un engin d’artillerie. 


Un bas-relief contemporain

Restauration d’un wagonnet Decauville

Posted in Chantier, La Carrière Sarazin avec des tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 7 décembre 2009 by Carrieres Patrimoine

Nous allons entreprendre la restauration d’un symbole du patrimoine industriel : il s’agit d’un wagonnet à benne basculante récemment donné à l’association Carrières Patrimoine.

Nous remercions chaleureusement Monsieur NOEL,
de l’école de Vaumoise, pour ce don.

Et voici le wagonnet en question ! Les couleurs peuvent choquer mais la peinture a permis de limiter les méfaits de la rouille.

La robustesse du matériel Decauville a permis de multiples utilisations :

  • transport de betteraves pour les sucreries,
  • transport de cran et de moellons dans les carrières de pierre à bâtir,
  • transport de sable dans les carrières de sable (retrouver la carte postale correspondante),
  • transport de la terre dans les carrières à ciel ouvert.

D’autres modèles ont servi dans les carrières de pierre (un lorry transportait les blocs dans la Carrière Sarazin) ou dans les caves de Champagne. La voie étroite a par ailleur été fort utilisée lors de la première guerre mondiale afin de ravitailler la ligne de front en équipements, provisions et munitions.

Ce type de wagonnet a servi dans les carrières d’Eméville, comme on peut le voir sur cette photo. La benne est visible sur la droite, entre deux carriers. Il semble même que l’un des carriers soit monté dans la benne pour les besoins de la photos.

Carriers à Eméville, début XXè siècle

A une époque où il n’était pas encore question de recyclage ou de développement durable, le wagonnet entièrement démontable était pourtant conçu pour durer : ses pièces sont facilement remplaçables et interchangeables, que ce soit le chassis, les essieux, les crochets, les tampons ou les boîtes à huile. Les paliers en bronze lui assurent une longévité exceptionnelle.

Notre wagonnet est un wagonnet Decauville Type 24, dit à caisse équilibrée. Même fortement chargée, la benne peut être facilement basculée à droite ou à gauche de la voie. En 1897, le wagonnet pour une voie de 0,50M était vendu 127,50 francs. La benne seule

Les roues, R18 sont en fonte trempée et mesurent 0,30m. La benne est en tôle cintrée renforcée avec des fers plats rivetés. D’une contenance de 400 litres, elle mesure 1,100m de long pour 1.055m de large. Elle comporte plus de 150 rivets d’assemblage.

Détail des rivets de la benne

La boîte à huile porte le nom du fabricant : Decauville Aine, Petit Bourg. Elle est garnie d’un tampon en fibre de bois qui retient l’huile. Un petit clapet (visible sur la droite de la boîte photographiée) permet d’introduite l’huile dans la boîte.

La boîte à huile

On distingue nettement l’arcade en cornière qui supporte la benne, elle même retenue par la cornière de basculement.

La benne est munie de tampons (les demi ronds en acier à chaque bout du chassis) dits « secs » , c’est-à-dire sans ressort, derrière lesquels sont fixés les crochets d’attelage.


Fixation du tampon sur le chassis


Le crochet, protégé par le tampon

Rivet d’assemblage du chassis

Cette benne possède encore la plaque du constructeur, chose rare et convoitée par les collectionneurs

Ce matériel quasi indestructible ne craint qu’une seule chose : les outrages du temps consécutifs à son abandon. Par chance ce wagonnet est complet et sa remise en état ne nécessitera pas trop de travail.

Les Emévillois pourront donc bientôt découvrir cet élément du patrimoine industriel qui a aussi joué un rôle dans l’histoire des carrières du village.

Merci à Eric et Laurent pour le rapatriement de cette pièce de musée qui n’est pas un poids plume !!!